
Du 23 au 26 avril, le FAME revient pour sa 9ᵉ édition, à L’Arlequin et au Reflet Médicis.
Depuis sa création, le festival défend une ligne claire : montrer la musique là où elle se construit, dans les gestes, les marges, les communautés, les zones d’ombre et les élans qui échappent aux récits dominants.
Cette édition 2026 rassemble neuf films qui, chacun à leur manière, racontent comment la musique devient un espace de vie, de résistance ou de réinvention. Et derrière chaque film, une histoire dans l’histoire.
Jeudi 23 avril
NOVEMBER, d’Éric Pinoit, ouvrira le festival avec un voyage en compagnie de Dennis Johnson, figure secrète du minimalisme californien.
On sait que November fut longtemps considéré comme perdu, jusqu’à ce qu’une cassette envoyée à La Monte Young en 1961 réapparaisse des années plus tard dans un carton à New York.
Le film revient sur cette redécouverte tardive et la trajectoire d’un musicien qui disparaissait parfois plusieurs jours dans les montagnes californiennes pour « écouter le temps ».
Un portrait discret, presque souterrain, d’un artiste dont l’influence a traversé les décennies sans jamais chercher la lumière.

Vendredi 24 avril
Avec Sun Ra: Do the Impossible, Christine Turner signe un portrait ample du maître de l’afrofuturisme.
Images d’époque, performances et témoignages dessinent une personnalité dont l’influence continue de marquer des artistes contemporains. Une approche ample, à la mesure d’un créateur qui a repoussé les frontières du possible.

The Life of Sean DeLear, de Markus Zizenbacher, dresse le portrait d’une figure queer punk flamboyante, entre performances, archives et récits de celles et ceux -parmi lesquel(le)s Suzanne Tyrrell, Mike Watt, Rick Owens- qui l’ont accompagné.
Le film restitue son rôle dans la scène DIY de Los Angeles, son humour, sa présence magnétique et sa manière d’habiter chaque espace comme une scène.

Samedi 25 avril
Avec Roll Bus Roll Ilya Popenko offre une immersion dans le quotidien de Jeffrey Lewis.
Il apparaît fidèle à son éthique DIY : il compose, dessine, enregistre, poste lui‑même ses disques et dort chez l’habitant lors de ses tournées.
Le récit met en lumière ses fêlures, son humour et sa manière de vivre la musique avec une indépendance revendiquée, sans jamais chercher à embellir son parcours ni à lui donner une dimension héroïque.
Un portrait au plus près de son quotidien d’artiste, entre concerts, carnets dessinés et déplacements sans confort.

Dans La Baleine et le Musicien, Valentin Paoli filme Rone qui embarque pour une expérience singulière : tenter d’établir un dialogue musical avec une baleine à bosse, accompagné du bioacousticien Olivier Adam.
La mise en scène observe cette tentative fragile, entre intuition artistique et protocoles scientifiques, et révèle les coulisses d’une rencontre où chaque essai devient une manière d’écouter autrement.
Cette exploration se prolongera dans Megaptera, son prochain album (sortie le 12 juin) composé en grande partie en mer, au large de la Bretagne et de La Réunion, à partir des recherches et expérimentations menées pour le film.

Jorge Catoni et Renata Valencia plongent dans la movida chilienne post‑dictature à travers vingt ans d’archives du groupe PANICO : concerts‑happenings, passages télé surréalistes, frictions, moments de grâce et énergie brute.
Le montage remonte le fil de leur histoire, des squats de Santiago aux stades sud‑américains, de Paris et New York aux tournées partagées avec Franz Ferdinand, jusqu’à leur transformation en Nova Materia. Un récit électrique d’un groupe qui a fait résonner le Chili bien au‑delà de ses frontières.

Dimanche 26 avril
The Magic City – Birmingham According to Sun Ra arpente (en 16 mm s’il vous plait) la ville natale du musicien et les traces qu’elle a laissées dans son imaginaire.
Entre lieux industriels, espaces symboliques et récits d’habitants, les réalisateurs composent une enquête poétique et politique sur les origines d’un artiste qui a transformé son environnement en matière cosmique.

HEX, de Maja Holand, suit durant cinq années trois musiciennes norvégiennes qui fondent Witch Club Satan et s’imposent dans un univers black metal historiquement masculin.
La caméra capte leur progression, des premières répétitions aux festivals internationaux, entre doutes, énergie brute et sororité en construction.
Le trio façonne son identité, affronte les résistances d’un milieu codifié et invente sa propre place.

Pauline Black: A 2‑Tone Story revient sur le parcours de Pauline Black, figure emblématique du mouvement 2 Tone et chanteuse de The Selecter.
Avant la musique, elle a travaillé comme radiographe au NHS, une expérience documentée qui éclaire son rapport à la fragilité, à la lutte et à la condition des femmes racisées dans l’Angleterre des années 70‑80.
Jane Mingay assemble récit personnel, archives et histoire collective pour éclairer un parcours marqué par l’engagement et une révélation tardive bouleversante.




