Accueil » L’album du jour : Alex Amen – Sun of Amen

L’album du jour : Alex Amen – Sun of Amen

album Alex Amen Sun of Amen

Alex Amen grandit sur la côte du Golfe du Texas. Il commence le piano à quatre ans, travaille avec le même prof jusqu’à la fin du lycée, puis découvre la guitare au milieu de l’adolescence en tombant sur Nirvana et Neil Young.
À dix-huit ans, il part en Californie pour étudier le cinéma et abandonne après un semestre. Il s’installe à Anaheim dans la Dittman Family Commune, une maison achetée dans les années 60 par un professeur qui y vit toujours, et qui a accueilli des figures du mouvement anti-guerre et des droits civiques. C’est là qu’il forme son premier groupe, American Slang. Le groupe se dissout rapidement. Amen part vers le nord.
Il passe trois ans sur Vashon Island, île isolée dans le Puget Sound (État de Washington). Mycologie, alpinisme, construction de bateaux en bois. Pendant le confinement, il consacre tout son temps libre à la guitare avec une rigueur qu’il décrit lui-même comme monastique : certains jours, il joue jusqu’à douze heures d’affilée.
Avant de quitter l’île, il navigue jusqu’au Canada.
De retour en Californie, il construit son propre studio dans les locaux du Zorthian Ranch, résidence d’artistes à Altadena, et enregistre sept titres en solo. Ces sessions deviennent The Zorthian Tapes, sorti en 2025. Un contrat d’édition avec American Songs, le label de Rick Rubin, suit. Les mois suivants l’emmènent au Luck Reunion sur le ranch de Willie Nelson aux côtés de Lucinda Williams et Taj Mahal, puis à New York pour une résidence dans le circuit folk.
Il retourne ensuite en studio pour donner vie à Sun of Amen.
Une partie de l’album est enregistrée aux Valentine Recording Studios à Los Angeles, sur du matériel analogique vintage parfois capricieux : la machine à bandes prend feu de temps à autre, obligeant tout le monde à interrompre le travail plusieurs heures. Le choix reste délibéré, pour le rendu sonore qu’il offre.
Amen cite Blue de Joni Mitchell comme exemple d’un disque ancien à la fois chaud et parfaitement net. L’équipe réunit Tommy de Bourbon, multi-instrumentiste qui joue de la pedal steel pour Lana Del Rey, plusieurs membres de longue date du groupe live d’Amen, et d’autres musiciens recrutés pour l’occasion.
Dix titres, trente-huit minutes. L’ensemble navigue entre folk et country sans jamais trancher, porté par la voix mélancolique et posée d’Amen.
Le disque évoque le Harry Nilsson des débuts, John Denver et Jim Croce, avec une pointe de James Taylor période early seventies.
Alex Amen a passé vingt ans à apprendre des gestes : le piano de l’enfance, la guitare de l’adolescence, la construction de bateaux sur Vashon Island, le studio qu’il bâtit lui-même au Zorthian Ranch.
Sun of Amen assemble tout cela : fabriqué avec la même patience et la même attention d’un artisan qui avance, qui ajuste, qui recommence, et qui finit par livrer un album qui ressemble exactement à la vie qu’il mène.