
À Kristiansand, sur la côte sud de la Norvège, Morten Martens a longtemps oeuvré dans l’ombre, multipliant les sessions pour d’autres, accumulant du matériel sans chercher à exploiter ses propres morceaux.
La sortie de Rêverie en 2023, puis sa signature chez Big Crown Records, marquent un tournant : Les Imprimés passe alors au premier plan.
Pour autant, Martens ne change pas de méthode : il continue d’enregistrer seul, chez lui, en jouant presque tous les instruments et en façonnant chaque morceau de A à Z.
Fading Forward s’inscrit dans la même veine. Martens compose à partir de motifs simples (une ligne de basse, un accord de clavier, un schéma rythmique) qu’il laisse tourner jusqu’à trouver la bonne mélodie. Les morceaux se dessinent ainsi par petites touches, et la toile finale finit par prendre forme.
Cette manière de travailler s’accompagne d’un mélange d’influences très personnel qu’il décrit de la sorte : “la soul des années 60 et 70, les harmonies doo‑wop, l’énergie des drums hip‑hop, et un chant hérité de l’alternative des années 90 et 2000.”
L’album aborde des thèmes intimes : la mortalité, l’évasion, les différentes formes d’amour. Des sujets lourds, mais traités sans emphase, avec cette retenue qui caractérise Les Imprimés.
You & I ouvre le disque comme un hommage à sa compagne, “à travers le chaos et les erreurs”.
Plus loin, Again & Again évoque les retours de flamme douloureux, Untainted Love joue avec l’idée d’un amour neuf, et Paradise clôt l’album sur un adieu à un ami disparu.
Le succès de Rêverie a poussé Martens sur scène, l’a obligé à assumer son rôle de frontman. Fading Forward porte cette évolution : un disque plus assuré, mais toujours en retenu, où la nuance est le leitmotiv.
