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L’album du jour : Yard Act – You’re Gonna Need A Little Music

album Yard Act You're Gonna Need A Little Music

Les débuts de Yard Act ont été marqués par la sortie du plutôt post-punk The Overload en 2022 (nominé au Mercury Prize et deuxième des charts britanniques), puis de Where’s My Utopia? en mars 2024 (produit par le batteur des Gorillaz Remi Kabaka Jr.) dans lequel le registre s’élargit en introduisant plus d’électro, une pointe de funk, de hip-hop, de dub, voire de disco.
Le frontman James Smith décrit lui-même les deux albums comme des « laptop records » : le premier écrit avant que le groupe ne soit vraiment formé, le second assemblé pendant les tournées.
La rupture avec cette méthode de travail est le premier fondement de You’re Gonna Need A Little Music.
En 2025, le groupe passe une grande partie de l’année à faire un break, le premier depuis longtemps.
Il monte son propre studio à Leeds et passe cinq mois à écrire. Une quarantaine de chansons, rien que ça.
Smith dit que ça ressemble à de la liberté, à tout ce qu’il avait voulu depuis le début dans un groupe.
Le producteur choisi est Justin Meldal-Johnsen, connu pour son travail avec Beck, Wolf Alice, Nine Inch Nails, St Vincent et Paramore. Il propose douze semaines d’enregistrement, sachant que le groupe n’a jamais dépassé deux semaines pour chacun de ses précédents disques. Ils négocient à neuf semaines : cinq à Leeds, quatre à Los Angeles.
Smith confie que la longueur de l’enregistrement est d’abord angoissante pour lui, car il redoute de ne pas savoir comment occuper tout ce temps. Il comprend alors qu’il s’agit de réfléchir, de se poser, pour prendre les meilleures décisions.
C’est la première fois que les quatre membres de Yard Act enregistrent ensemble dans la même pièce, ce qui n’avait pas été possible pour les deux premiers albums.
Les quatre semaines à Los Angeles -précédées par une tournée en première partie de The Hives- dans le studio de Meldal-Johnsen sont, à la surprise générale, à l’origine d’une seconde vague de création que le groupe n’avait pas anticipée. Il pensait avoir l’essentiel du disque avant d’arriver en Californie mais, une fois sur place et coupé des obligations et distractions habituelles à Leeds, il écrit de nouveaux morceaux et réenregistre des parties entières.
Les textes de You’re Gonna Need A Little Music partent d’expériences intimes et débouchent sur des questions plus larges : le capitalisme, la corruption institutionnelle, la division de la gauche.
Musicalement, le disque est leur plus ouvert et leur plus varié : « New Beginnings » évoque un beau mélange entre Beck et Blur, « Thrill of the Chase » par moment lorgne sur du Prodigy, « Redeemer » rappelle que Yard Act c’est avant tout un groupe de post-punk, sans parler du registre vocal de Smith qui ne nous avait pas habitué à un ton si grave et nonchalant sur « You’re Gonna Need A Little Music » et le morceau de clôture « Over the Barrel ».
Cinq mois pour écrire, cinq semaines pour tout consolider, quatre pour tout bousculer. You’re Gonna Need A Little Music ouvre un nouveau chapitre pour Yard Act, plus que jamais… un groupe.