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L’album du jour : Westside Cowboy – It Goes On

album Westside Cowboy It Goes On

Été 2023. Quatre amis se retrouvent dans une salle de répétition à Manchester, avec au programme des reprises de Hank Williams, et de quoi étancher sa soif. Ils n’ont pas de plan précis, et encore moins de concerts prévus. Reuben Haycocks (chant, guitare) et Paddy Murphy (batterie) se sont connus au sein de DieKaiDie, un groupe de noise pop. Murphy toujours lui a également fondé Katz, un trio de surf punk, avec un certain Jimmy Bradbury (chant, guitare). Ajoutez à cela Aoife Anson O’Connell (basse) rencontrée sur les bancs du Royal Northern College of Music, vous voilà désormais familiers avec les Westside Cowboy.
D’un commun accord (attention au jeu de mots qui arrive), ils se fixent une seule règle : faire de la musique simple. Haycocks en fera même un slogan : trop d’accords (on vous avait prévenu) dans un morceau, c’est qu’on a tort.
Il faut croire que c’était la bonne stratégie, car en deux semaines seulement le groupe tient quelque chose (oui on peut parler d’alchimie) et organise son tout premier concert.
De fil en aiguille, Westside Cowboy s’impose dans les petites salles de Manchester. Ils jouent partout où l’on veut bien les accueillir : soirées étudiantes, concerts improvisés, premières parties ajoutées au dernier moment.
Ce qui frappe et qui plait, c’est cette énergie directe et cette manière de jouer qui refuse la mise en scène et les artifices. Le public adhère, et tout naturellement cela fini par payer : leur notoriété grandissante leur permet d’assurer (déjà) des dates en compagnie de Geese et Black Country, New Road.
Les deux EPs qui suivent -This Better Be Something Great en 2025 et So Much Country ’Till We Get There en 2026- se font remarquer et leur valent des passages sur BBC 6 Music et BBC Radio 1.
En 2025, Westside Cowboy remporte le Glastonbury Emerging Talent Competition, ce qui les propulse sur la Woodsies Stage pour ouvrir la dernière journée du festival. Pour Haycocks, c’est le premier moment où il comprend que Westside Cowboy est devenu un vrai groupe, avec un vrai potentiel.
Ils signent ensuite sur Island Records et rejoignent Wildlife Entertainment, qui gère également Arctic Monkeys et Fontaines D.C.
Suivent des tournées (cette fois structurées) avec Black Country, New Road, Blondshell et Geese, une série de dates sold‑out en tête d’affiche, et leurs premiers concerts américains en fin d’année 2025.
Tous les voyants sont donc au vert, et pas question pour autant de renier ses valeurs : le groupe co-crée No Band Is An Island, collectif basé à Manchester qui organise des soirées de levée de fonds pour des artistes locaux et des associations caritatives.
Le groupe tourne d’ailleurs la vidéo de « Kick Stones (The Boys) » avec le FC United of Manchester, club fondé en 2005 par des supporters opposés à la vente de Manchester United à un homme d’affaire américain. Le clip implique des bénévoles du club, des joueurs, des supporters, et utilise les installations du stade Broadhurst Park.
Hasard ou non du calendrier, It Goes On, premier album, sort le jour même où le groupe joue sur la grande scène du Green Man Festival.
A la production on retrouve Loren Humphrey (Geese, Cameron Winter, Wunderhorse), repéré par le groupe lors de leur tournée avec Geese. Humphrey est connu pour sa manière de capter les groupes en conditions proches du live, ce qui colle à merveille à l’esprit des Westside Cowboy.
La composition de It Goes On a lieu à la fois en studio et sur scène, où le groupe teste ses chansons pendant plus d’un an, ajustant les structures et les dynamiques au fil des sets.
Pour définir la base sonore autour de laquelle l’album sera construit, ils partent d’une référence ultra précise : une version live de « What Goes On » du Velvet Underground.
« Kick Stones (The Boys) » ouvre l’album sur la voix presque nonchalante de Haycocks, portée par une rythmique qui avance comme un cheval au galop.
« Big Wheels » intègre des références textuelles à Bob Dylan et Creedence Clearwater Revival, ainsi qu’une mention directe aux DVD et aux vidéoclubs, qui incarnent pour toute une génération britannique une époque révolue. Une façon d’évoquer la nostalgie et le passage du temps en montrant plutôt qu’en nommant.
« Dobro » a comme un air de T.Rex et son « Get It On », et les guitares de « Worried Age » des points communs avec celles de The Wedding Present.
Ajoutez à cela Lonnie Donegan et les Beatles comme fondations britanniques, Television comme repère américain, la voix d’O’Connell sur « Coyote » qui rappelle Maureen Tucker quand elle prenait le micro dans les Velvet… Bref, Westside Cowboy c’est du solide.