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L’album du jour : Spencer Thomas – Cynical Vision

album Spencer Thomas Cynical Vision

Dès les premières mesures, Cynical Vision joue cartes sur table, entre ironie et regard porté sur le quotidien.
Le troisième album de Spencer Thomas s’articule autour de ce jeu d’équilibre, alternant distance et implication, humour et gravité.
Installé à Atlanta, Thomas s’est d’abord fait connaître comme membre du groupe Futurebirds, avant de se consacrer à un projet solo centré sur ses chansons.
Très vite, on lui découvre un goût marqué pour la narration et une manière de décrire des situations concrètes, dans une tradition américaine qui accorde une place centrale aux personnages.
Avec Cynical Vision, il prolonge ce travail tout en élargissant sa palette sonore.
Le disque est enregistré à Athens, en Géorgie, avec le producteur Nate Nelson, figure de la scène locale.
L’approche reste volontairement peu contrainte : Thomas joue lui-même une grande partie des instruments, et privilégie des prises rapides.
Cynical Vision s’accorde la liberté de mêler synthétiseurs rétro, boîtes à rythmes et guitares, dans un agencement où éléments analogiques et textures électroniques coexistent en harmonie(s).
Les textes quant à eux s’appuient sur un principe récurrent chez Thomas : partir de situations précises pour construire ses morceaux. Certains d’entre eux trouvent leur point de départ dans des images concrètes, comme cette idée de “video farm”, inspirée de dispositifs destinés à générer artificiellement des vues en ligne.
Le titre Cynical Vision, comme sa pochette, en annonce la direction : Spencer Thomas s’appuie sur des formes simples pour partager son regard critique et son inquiétude face à l’état du monde, dans un environnement saturé d’images et de récits.