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L’album du jour : Real Farmer – Two Wrongs Don’t Make A Right

album Real Farmer Two Wrongs Don't Make A Right

Real Farmer se forme à Groningen en 2018, dans un environnement structuré par les salles DIY du nord des Pays‑Bas, avec Vera comme épicentre.
Son nom vient d’une blague locale : à Groningen, on demande souvent aux musiciens s’ils “viennent de la ferme”. Qu’à cela ne tienne, ils reprennent l’expression au pied de la lettre et en font leur nom de scène. Direct, frontal, sans décor.
Le groupe enregistre ses premiers titres en une journée dans un studio improvisé, sans retouches ni corrections, puis publie un premier EP en 2019. Leur premier album, Compare What’s There (2024), sort chez Strap Originals et s’accompagne d’une tournée au Royaume‑Uni, en Belgique et en Allemagne, avant de passer par la France en 2025.
Two Wrongs Don’t Make a Right marque un changement avec son prédécesseur : jusque‑là, les morceaux étaient composés en salle de répétition et testés en concert, alors que ce second album a été en partie écrit et retravaillé pendant les sessions d’enregistrement.
Pris par les concerts, le groupe arrive avec peu de titres aboutis et utilise des fragments apportés en studio -riffs, structures incomplètes, idées isolées- pour construire les morceaux au fur et à mesure des sessions.
Cette manière de travailler donne un résultat plus abrupt, là où le premier album reposait sur des structures rodées en répétition. On retrouve des traces du montage en studio : sections ajoutées tardivement, transitions réduites, et un jeu de guitares plus présent, souvent capté en prises rapides. La rythmique avance de façon plus directe, moins arrondie que sur leurs débuts, ce qui renforce l’impression d’un disque saisi tel un instantané.
Les textes quant à eux sont toujours empreints d’une colère sociale et politique, où se mêlent questions d’environnement, de droits humains et de rapport au collectif. “Sob Story” aborde la perte et le sentiment de voir une partie de soi disparaître, tandis que “Run By Animals” traite explicitement de l’oubli des victimes de violence et d’oppression, et “9 Till Not Alright” des inégalités économiques et de l’exploitation du travail.
L’album avance avec une urgence qui ne vient pas d’un effet recherché mais des conditions mêmes de son enregistrement. Le groupe travaille vite, avec peu, et parvient pourtant à affiner son écriture : les morceaux vont droit au but, sans surcharge.
Cette économie forcée devient un moteur, et Real Farmer en tire une intensité qui appelle naturellement la scène.
On a hâte…