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L’album du jour : Penny Arcade – Double Exposure

album Penny Arcade Backwater Collage

James Hoare poursuit son travail en solitaire sous le nom de Penny Arcade avec Double Exposure, son deuxième album.
Après Backwater Collage en 2024, il continue d’affiner une pop dépouillée, enregistrée dans des conditions simples mais avec une attention constante aux textures et aux détails.
Double Exposure voit le jour après plusieurs années de travail en marge des groupes qui l’ont fait connaître — Veronica Falls, Ultimate Painting, The Proper Ornaments — et après une série de déménagements qui ont influencé son rythme de production.
Le travail en studio de Penny Arcade a souvent été marqué par des contraintes matérielles. Hoare raconte avoir dû recommencer un album entier après la panne irréparable d’un magnétophone, et avoir fait appel à une succession de batteurs pour compenser l’isolement lié à son installation à la campagne.
Ces conditions ont façonné une méthode où l’économie de moyens devient un cadre de travail plutôt qu’une limite.
Double Exposure s’inscrit dans cette continuité, avec un changement notable : les guitares, longtemps centrales dans ses projets, passent cette fois à l’arrière‑plan. Ce n’est pas un album “sans guitare”, mais un disque où elles ne structurent plus les morceaux comme auparavant. Hoare y privilégie des arrangements plus bruts, parfois déconstruits, et une instrumentation réduite à l’essentiel.
Le premier extrait, “Rear View Mirror”, repose sur un motif issu d’une boîte à rythmes Elka Drummer One, un modèle utilisé par certains groupes allemands des années 1970 comme Cluster ou Harmonia. Hoare explique avoir choisi cette machine pour sa capacité à créer des patterns simples mais modulables, et pour la possibilité de régler individuellement le volume de chaque battement.
Ce n’est donc (presque) pas une surprise d’apprendre que l’album a été enregistré sur un magnétophone 16 pistes, avec des prises souvent capturées dès leur première version.
Double Exposure prolonge ainsi le travail engagé sur ses disques précédents, avec un accent plus marqué sur les structures dépouillées et la spontanéité.
Un disque où la contrainte technique devient un moteur, et où la simplicité apparente cache un travail minutieux sur la construction sonore.