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L’album du jour : mary in the junkyard – Role Model Hermit

album mary in the junkyard Role Model Hermit

Clari Freeman-Taylor et Saya Barbaglia se rencontrent à treize ans dans un camp d’été de musique classique. Freeman-Taylor joue du violoncelle, Barbaglia de l’alto.
Les deux restent en contact, sans devenir les meilleures amies du monde pour autant.
En parallèle, Freeman-Taylor écoute beaucoup de folk, Laura Marling, Leonard Cohen, et commence à écrire ses propres chansons sur un ukulélé baryton.
Sa découverte de Big Thief change la donne : le groupe lui prouve que l’on peut conjuguer guitare saturée et charge émotionnelle avec la même intensité qu’un instrument classique.
Avant de fonder son propre groupe, elle joue de la basse dans Second Thoughts aux côtés du batteur David Addison, un ami d’enfance. Le groupe veut des tubes pop. Les chansons de Freeman-Taylor sont jugées trop étranges. Mary in the Junkyard naît de cette fin de non-recevoir.
En 2022, Freeman-Taylor décroche un concert au Cavendish Arms, un pub au sud de Londres. Elle recrute Addison et Barbaglia.
Le trio enchaîne une quarantaine de dates au Windmill -là encore un pub de Brixton devenu incubateur de groupes comme Squid, Black Midi et Black Country, New Road- où il ouvre pour quiconque accepte de le faire jouer.
Après l’EP This Old House (produit par Richard Russell, le fondateur de XL Recordings) sorti en mai 2024, Mary in the Junkyard tourne trois mois aux États-Unis en première partie de Wet Leg.
La suite logique se nomme Role Model Hermit, un premier album écrit entre le Royaume-Uni et les États-Unis.
Il commence à prendre forme lors d’un premier voyage à New York en 2024. Le groupe arrive sans itinéraire ni hébergement.
Une rencontre fortuite avec Todd Eckert (partenaire de longue date de Marina Abramović) leur permet de trouver un endroit où dormir, une pièce pour écrire et même de jouer un concert privé pour quelques amis du circuit artistique new-yorkais.
Eckert leur dit qu’ils sonnent comme un groupe qui aurait beaucoup écouté de rock sans vraiment le comprendre. Le trio prend ça comme un compliment, ce qui devait sûrement être le cas, et sera amené plus tard à définir sa musique comme du « weepy chaos rok ».
L’enregistrement de Role Model Hermit se déroule au Studio Orbb, dans l’est de Londres, à l’été 2025 avec le producteur Oli Bayston.
Bayston travaille à partir de prises live, les trois musiciens dans la même pièce à chaque fois. Sa méthode : réduire au minimum sans contraindre, ne conserver que l’essentiel.
Une partie des sessions se tient dans une grande maison adjacente au studio, conférant aux morceaux ce que le trio décrit comme « une acoustique de grands espaces », évoquant parfois « des sons fantômes ».
Freeman-Taylor et Barbaglia jouent toutes les deux plusieurs instruments à cordes, violoncelle, violon et viola, utilisés sur l’album comme des nappes sonores pouvant se substituer aux synthétiseurs.
Les onze titres couvrent des thèmes tels la masculinité toxique, les aires d’autoroute, les vies antérieures, les vieux contes populaires… et les souris. C’est d’ailleurs pour ressembler au personnage du titre « Mouse » que Freeman-Taylor s’est affublée de prothèses sur la pochette de l’album, qui a été réalisée en collaboration avec la directrice artistique Daisy Ayscough.
La conclusion revient à Mary in the Junkyard, qui compare Role Model Hermit à un bateau en papier mâché : artisanal, fragile, assemblé pièce par pièce.
Dernière info et pas des moindres: on retrouvera les anglais en concert le 5 octobre prochain à la Bellevilloise.