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L’album du jour : Jeffrey Silverstein – Doggone

album Jeffrey Silverstein Doggone

En écrivant les chansons de Doggone, Jeffrey Silverstein découvre que son oncle Jon était compositeur et manager de North Country Band, un groupe de country-rock originaire du Minnesota inspiré du Grateful Dead, dont la discographie fait état d’un seul album sorti en 1978.
Silverstein -grand collectionneur de country- passait ce disque lors de ses DJ sets depuis des années et le faisait écouter à ses amis, sans savoir que son oncle y figurait.
Cette découverte confirme quelque chose qu’il ressentait déjà : que la musique était dans son sang.
Comme la plupart de ses amis du New Jersey, Silverstein apprend la guitare en autodidacte dès le collège.
Étudiant en journalisme à Towson University près de Baltimore, il fréquente la scène indie locale avant de rejoindre Secret Mountains. Plus tard installé à Brooklyn, il forme le duo Nassau tout en préparant un master en éducation spécialisée à Hunter College.
Il travaille ensuite chez MTV puis enseigne durant deux ans avant de rejoindre Portland avec sa femme en 2018.
Aujourd’hui, il exerce en tant que spécialiste en soutien pédagogique dans une école privée de Portland, tout en poursuivant ses activités de journaliste et de musicien, pour notre plus grand plaisir.
Sa carrière solo commence en 2019 avec l’EP How on Earth, enregistré dans une caravane aménagée en studio. You Become the Mountain paraît en 2020, puis Western Sky Music en 2023. Ce dernier regardait les paysages du Pacific Northwest. Doggone regarde les gens qui y vivent.
Silverstein le décrit lui-même comme un “city album”, nourri par les voisins, les amis et la communauté qu’il a fini par trouver dans l’Oregon.
Première info: “Doggone” est une expression américaine que l’on pourrait comparer à ‘goddamn’, qui sert aussi bien à maugréer qu’à s’exclamer de bonheur.
Deuxième info: Silverstein cite Michael Rother, le Steve Miller Band et Steve Gunn parmi ses influences directes. Il explique que ses idées lui viennent souvent lorsqu’il est en mouvement (que ce soit en voiture ou en courant) et qu’il saisit alors son téléphone pour y fredonner ses mélodies.
L’album a été enregistré en janvier 2025 au Center for Sound, Light and Color Therapy à Portland avec le producteur Ryan Oxford, qui a entre autres bossé avec Y La Bamba et Rose City Band.
Les bases du disque ont été posées en un seul week-end, en compagnie de Dana Buoy (d’Akron/Family) à la batterie, d’Alex Chapman à la basse, et de Rick Pedrosa (de Rose City Band) à la pedal steel.
Sans second guitariste, la pedal steel devient la voix principale et Silverstein dit avoir voulu capturer la capacité de Pedrosa à passer d’un jeu percutant et claquant à quelque chose de résolument ambient en un instant.
La pochette quant à elle reprend une photo de 1980 de Hat N’ Boots, une attraction routière qui consiste en un chapeau et des bottes géants conçue en 1953 pour une station-service de Seattle. Tombée en ruine après la fermeture du site, l’installation a été sauvée par une mobilisation citoyenne en 2003, déplacée et restaurée, puis réinstallée un peu plus loin en 2005. Même s’il n’a pas eu lieu à Portland, Silverstein présente explicitement ce sauvetage comme un exemple de communauté protégeant quelque chose qu’elle juge important. Une histoire qui entre naturellement en résonance avec un disque largement consacré aux liens humains, à l’enracinement et à l’idée de construire sa propre version du foyer.
Si les yeux de Silverstein sont tournés vers sa vie dans l’Oregon, les nôtres sont désormais tournés vers lui.