
Broken Social Scene naît en 1999 à Toronto. Kevin Drew et Brendan Canning démarrent à deux dans un sous‑sol, avec un premier album essentiellement instrumental, Feel Good Lost (2001).
Le groupe s’élargit rapidement : des amis rejoignent la formation lors de concerts et finissent par rester.
You Forgot It In People paraît en 2002 sur Arts & Crafts -label cofondé par Drew- et remporte le Juno Award du meilleur album alternatif en 2003.
Au fil des années, le collectif atteint plus de vingt membres, fonctionnement souvent comparé à celui du Wu‑Tang Clan. Il sert aussi de tremplin à d’autres projets : Stars, Metric et Feist y font leurs armes avant de poursuivre en solo.
Forgiveness Rock Record sort en mai 2010, fruit d’un travail titanesque de 42 morceaux, pour finalement en conserver « seulement » 13.
Hug of Thunder paraît en 2017, avec le retour de Feist et une d’une pléiade de 18 musiciens crédités sur l’album. Le disque est produit par Joe Chiccarelli et marque la dernière configuration “grand format” du collectif avant la longue pause.
Neuf ans passent. Drew et Canning se retrouvent dans la cuisine de Canning, à l’ouest de Toronto. En mode anciens combattants, ils refont le monde tout en étant conscients du temps qui passe. Canning déclare : “I can’t bounce back from booze like the good old days…”. Drew ajoute : “You’re not a gang anymore, but when you’re back, you’re still that gang…”.
Remember The Humans est leur sixième album studio. Le titre vient d’une blague de Charles Spearin : si une IA devait donner un nom à la suite à You Forgot It In People, elle l’appellerait probalement Remember The Humans.
L’album est enregistré à Dobbstown North, The Bathouse, Lost Tin Rooster et Levels Studio. David Newfeld reprend la production, vingt ans après leur dernière collaboration. Leur première soirée se transforme en ce qu’ils appellent “a hurricane of fun”, soit une énergie qui s’impose dès les premières sessions.
Triste hasard, pendant l’enregistrement Drew et Newfeld perdent chacun leur mère. Newfeld déclare à ce sujet : “Our moms would have wanted us to do this and get it right after 20 years…”.
Une vieille connaissance refait surface: Lisa Lobsinger en personne, avec un titre composé lors d’une séance de méditation. Elle reconnaît dans la mélodie et la structure quelque chose de typique de Broken Social Scene et envoie une lettre au groupe pour leur proposer le morceau.
Drew déclare : “It was undeniable… we wanted Lisa back.” Feist et Hannah Georgas figurent également sur le disque, parmi la vingtaine (seulement, pourrait-on dire) de musiciens qui sont crédités sur les douze titres.
On retrouve le Broken Social Scene que l’on connaît et que l’on aime : guitares superposées, voix qui se fondent dans l’ensemble, cuivres qui soutiennent le rythme. Rien n’est spectaculaire, tout repose sur une formule qui a fait ses preuves.
Vingt‑cinq ans après ses débuts et avec une activité par intermittence, le collectif a le mérite d’entretenir une flamme bien vivante dont on ne se lasse pas de contempler l’éclat.



