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L’album du jour : TV Buddha – Hallelujah Anyway

album TV Buddha Hallelujah Anyway

TV Buddha commence comme une correspondance. Pendant des mois, Johnson Rockstar et Eli Schmitt s’échangent chansons, idées et enregistrements, avant de se dire que ce serait plus facile de franchir le pas et de se retrouver à Chicago.
Autour d’eux se forme progressivement un groupe à géométrie variable, les liens se tissant au sein de la scène locale au gré des rencontres.
Pas étonnant donc de découvrir une ribambelle de collaborateurs (une quinzaine au total) crédités sur Hallelujah Anyway, parmi lesquels des noms familiers tels Kai Slater, figure centrale de Sharp Pins, ou encore Kellen Baker, de Good Flying Birds.
Les influences déclarées -Velvet Underground, Brian Eno, Pavement, Silver Jews- de TV Buddha ne sont pas juste là pour faire joli, mais transpirent littéralement au fil des morceaux. Ces derniers sont au nombre de quinze, et leur enregistrement ressemble à une véritable virée à travers Chicago puisque pas moins de sept lieux ont servi de studios.
Le disque est peuplé de personnages aux allures de conte. Alfred, Eleanor, Ella ou Madeline en sont les personnages principaux, tandis qu’autour d’eux gravitent seigneurs, maîtres, pharaons, flèches de Cupidon et autres apparitions héritées d’un imaginaire volontiers surréaliste.
Pour sacraliser le tout rien de tel qu’une dimension religieuse, à commencer par le titre de l’album bien évidemment, mais aussi sur « Land Of The Lord » et « Oh Master, Let Me Walk With Thee ».
Derrière cette accumulation de noms, de voix et d’instruments se dessine surtout le portrait d’une scène en pleine effervescence. Hallelujah Anyway ressemble moins au manifeste d’un seul groupe qu’à la photographie d’un réseau entier de musiciens qui travaillent ensemble, s’invitent mutuellement sur leurs disques et continuent de faire de Chicago l’un des foyers les plus actifs de l’indie américain.