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L’album du jour : Brian Fallon – Not Bad for New Jersey

album Brian Fallon Not Bad for New Jersey

En juin 2009, à Glastonbury, des voitures de police surgissent dans les coulisses juste avant que The Gaslight Anthem ne monte sur scène. Brian Fallon est convaincu que le groupe va finir la nuit en garde à vue. Une portière s’ouvre. Bruce Springsteen en sort. Il demande s’il peut rejoindre le groupe pour jouer « The ’59 Sound ». Fallon dit oui. Ils n’ont bien évidemment ni répété ni prémédité leur coup, et montent sur scène.
Ce qu’il faut en retenir ? Quand des enfants du New Jersey se croisent, il n’y a plus de protocole.
Fallon naît le 28 janvier 1980 à Red Bank, dans le centre de l’État.
Sa mère Debbie chante dans un groupe folk des années 60 appelé The Group Folk Singers. Il commence à jouer dans des groupes locaux à dix-sept ans et publie une cassette sous le nom No Release, enregistrée sur un quatre-pistes dans sa chambre.
Il passe par plusieurs formations avant de co-fonder The Gaslight Anthem en 2006 à New Brunswick, avec Alex Rosamilia, Alex Levine et Benny Horowitz.
Fallon est le seul membre à écouter Springsteen, mais le groupe comprend immédiatement que cette singularité peut devenir une force.
Sink or Swim sort en 2007, suivi de The ’59 Sound en 2008 avec lequel le groupe casse la baraque.
Pour l’anecdote, Fallon a écrit une partie du disque pendant ses pauses au travail, dans un garage où il répare des voitures. Autant dire qu’il n’y a plus jamais remis les pieds.
American Slang arrive en 2010, Handwritten en 2012 et Get Hurt en 2014. En juillet 2015, le groupe annonce sa mise en veille. Le dernier concert se joue à Reading le 30 août 2015. Il se reforme brièvement en 2018, puis définitivement à partir de 2022, sortant History Books en 2023 qui comporte un duo avec Springsteen lui-même.
Fallon lance sa carrière solo en 2016 avec Painkillers. Sleepwalkers est publié en 2018, Local Honey en 2020 sur son propre label Lesser Known Records, puis Night Divine en 2021, album d’hymnes religieux enregistré pendant le confinement.
Not Bad for New Jersey est son cinquième album solo et le premier constitué de nouvelles compos originales depuis plus de cinq ans. Fallon fait appel à nouveau au producteur Butch Walker, avec qui il collabore depuis ses débuts. Le disque est enregistré dans le studio de Walker, près de Nashville, un lieu où Fallon dit qu’il se sent suffisamment détendu pour écrire vite, sans chercher à faire (trop) compliqué.
Côté invités, Fallon vise large et juste : Brandon Flowers des Killers, Phil Collen de Def Leppard, Marc Ribot dont le carnet d’adresses va de Tom Waits à Robert Plant, la songwriter Lori McKenna et le Canadien Donovan Woods.
Fallon cite Bryan Adams et « Every Breath You Take » des Police comme références centrales du disque, assumant ainsi la passion et la démesure de ses chansons, sans place pour l’entre-deux.
« Pearls » est dédiée à ceux qui sont nés avec une cuillère en or dans la bouche. Fallon ne ressent pas d’envie ou de jalousie vis-à-vis d’eux, et considère que l’obstacle forge ce que le confort ne peut pas donner..
« Love at the End of the World », le duo avec Flowers, aurait eu sa place en heavy rotation d’une station de rock FM dans les 80’s. « Somewhere You Shouldn’t Be » réunit Fallon et Collen, et comme prévu sert de chaînon manquant entre le heartland rock de Fallon et le hard rock mélodique de Def Leppard. « Wolf by the River » ferme le disque avec Marc Ribot.
Fallon raconte qu’il a écrit une partie du disque dans sa voiture, garée près d’un lac où il allait enfant. Not Bad for New Jersey ressemble à ça : de l’eau familière, des rives que l’on connaît par cœur, et pourtant un plaisir intact à chaque fois qu’on y retourne.