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L’album du jour : MAYA ONGAKU – Nothing Space Music

album MAYA ONGAKU Nothing Space Music

Maya ongaku se forme en 2021 aux alentours d’Enoshima, une petite île à cinquante kilomètres au sud-ouest de Tokyo.
Tsutomu Sonoda, Ryota Takano et Shoei Ikeda sont amis depuis le lycée. Leur principal lieu de vie est l’Ace General Store, un magasin de vinyles et bric-à-brac de plage situé dans une ruelle cachée de la Subana Street, l’artère touristique principale d’Enoshima. Les trois s’occupent des rayons, servent les clients et tuent leur temps libre en jouant dans le studio aménagé à l’arrière.
Le nom « maya ongaku » est un néologisme/concept inventé par le groupe. Il décrit un paysage imaginé juste au-delà du champ de vision, un endroit se situant à la limite de la perception.
Histoire de se faire quelques nœuds de plus au cerveau, on peut également s’intéresser à la philosophie qui anime le projet et porte le nom de « shizen hassei » : la musique surgit naturellement, elle ne se fabrique pas. Cette approche se base sur l’expérimentation, l’observation, la curiosité et l’intuition.
Leur esthétique musicale elle aussi se construit par strates depuis la sortie d’Approach to Anima en 2021 : rock expérimental des années 60–70, folk japonais, psychédélisme, avant‑garde, littérature, philosophie et anthropologie.
Au printemps 2025, maya ongaku part en tournée aux États-Unis. La tournée est difficile. Sonoda en documente les réalités financières et logistiques dans une série d’articles publiés au fil des semaines, depuis les villes traversées. Il y décrit la vie d’un groupe indé loin de chez lui, les salles vides, les budgets serrés et les surprises des routes américaines.
De retour au Japon, le trio construit un environnement entièrement nouveau pour enregistrer Nothing Space Music. Près d’un sanctuaire shinto en bord de mer dans leur région natale, ils passent plusieurs mois à transformer un grand bâtiment insonorisé en « Nothing Space Studio ». Ils y enregistrent, jouent, mixent et conçoivent le disque en totale autarcie. Personne d’autre qu’eux n’entend une seule note avant que l’album soit terminé.
Nothing Space Music n’est pas structuré comme une suite de morceaux indépendants, mais comme une composition continue.
Les transitions fonctionnent comme des passages, pas comme des ruptures. Le silence devient un élément actif, intégré à la structure.
“Astral Echoes” illustre cette logique : le morceau est littéralement démonté et reconstruit plusieurs fois pour atteindre une forme qui exprime clairement l’intention du disque.
L’ensemble repose sur une idée simple : écouter ce qui a été mis de côté voire négligé pendant les années de mouvement constant, et redéfinir la relation entre son, espace et perception. Amen.