
Opus Kink se forme à Brighton en 2017.
Six membres : Angus Rogers au chant et à la guitare, Sam Abbo à la basse, son frangin Fin Abbo à la batterie, Jazz Pope aux claviers, Jed Morgans au saxophone et Jack Banjo Courtney à la trompette, qui les rejoint en 2021.
Le groupe se définit à ses débuts comme un collectif de « faux-bebop-funk ».
Histoire de vous situer l’état d’esprit qui règne au sein des Opus Kink, le mieux est de citer Rogers quand on lui demande comment il décrit sa vie de musicien, et dont la réponse ressemble à « se noyer dans la douleur, l’attention, la gloire et les royalties. »
Après l’EP Requiem For a Quarantine (dont les bénéfices sont reversés au Green Door Store de Brighton et à Black Lives Matter) sorti en 2020 sur Bandcamp uniquement, Tim Burgess des Charlatans produit deux de leurs singles à Rockfield Studios. L’EP Til the Stream Runs Dry suit en 2022, puis My Eyes, Brother! en 2023.
En 2024, le groupe enregistre un single, « I Wanna Live With You », avec Dani Bennett-Spring, productrice également connue pour son travail avec Goat Girl et Dry Cleaning. Le titre n’est pas retenu sur l’album final, mais Bennett-Spring transmet les démos du groupe à Craig Silvey, producteur et mixeur multi-Grammy dont les collaborations incluent Florence and the Machine, Arcade Fire, Sam Fender et Baxter Dury. Silvey les écoute, est immédiatement convaincu et les emmène au Fish Factory Studios. Sur place, il familiarise le groupe au Roland TR-606, une boîte à rythmes vintage qu’il intègre à l’ensemble des arrangements. Rogers décrit les sessions comme de longues heures à charbonner, Silvey à la manœuvre, dépouillant les morceaux pour ne garder que l’essentiel, ce qui est déjà beaucoup.
The Sweet Goodbye sort sur So Recordings, label qui distribue également Placebo, Enter Shikari, Deadletter et Big Special. Dix titres. Le saxophone grondant de Morgans, les arrangements de cuivres de Courtney, les synthés de Pope et la section rythmique des frères Abbo forment l’ossature d’un disque qui balaie le punk jazz, le jazz éthiopien, le cabaret de Weimar, les jigs soviétiques, le cowpunk et les crooners gentiment ringards.
Les références déclarées : The Pop Group, The Birthday Party, les Lounge Lizards et Tom Waits.
Les textes abordent la violence, la honte, la politique et l’anxiété, souvent sous couvert d’un humour absurde qui sert de désamorceur. « Come Over, Do Me Wrong » décrit l’attraction irraisonnée pour une relation toxique, dont on sait qu’elle fait du mal et à laquelle on revient quand même. « Will It Come For You? » parle d’une menace que le narrateur ne sait pas nommer. « Peckham Nocturne » est une déambulation nocturne dans le sud de Londres, entre alcool et solitude. « I Have To Shine My Sunday Shoes » moque le dimanche comme journée de « mise en conformité sociale », ou encore « Crucify! » qui aborde la thématique de la culpabilité collective.
Côté concerts, le groupe assure cet été les premières parties de Viagra Boys et des Libertines, avant une tournée en tête d’affiche dès l’automne, qui passera le 5 décembre à Point Éphémère, à Paris.



