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L’album du jour : Blue States – Where The Fades Meet

album Blue States Where The Fades Meet

Si Andy Dragazis (l’homme derrière Blue States) cite Aphrodite’s Child parmi ses premières références, c’est tout sauf le fruit du hasard. Son père a joué aux côtés de Vangelis dans les années 60, et l’on peut imaginer l’impact que cela a eu sur Andy.
En 1997, à vingt-deux ans, il installe un home studio dans une grange des South Downs, dans le Sussex, et enregistre ses premières démos. Il envoie les bandes à Memphis Industries, label alors naissant, qui le signe immédiatement. C’est le premier artiste à rejoindre le label.
Le projet démarre comme un travail de sampling solitaire, mélangeant des extraits de bandes originales de films avec des instruments de studio.
Pour l’anecdote, son premier album Nothing Changes Under the Sun (sorti en 2000) est distribué aux États-Unis par Eighteenth Street Lounge Music, le label de Thievery Corporation.
Son deuxième album Man Mountain en 2002, co-distribué par XL Recordings au Royaume-Uni, inclut notamment l’apparition de la chanteuse Tahita Bulmer, qui fondera l’année suivante les New Young Pony Club.
Le titre « Season Song », extrait de Man Mountain, apparaît même sur la B.O. de 28 Days Later de Danny Boyle, dans une scène magistrale où le groupe de survivants traverse une Angleterre désertée.
Le projet se mue ensuite en un véritable groupe avec The Soundings en 2004, dont un avertissement sur la pochette annonce la couleur : « cet album a été fait pour être joué fort. »
Retour au format studio solo sur First Steps Into… en 2007, puis parution en parallèle d’EPs et d’un album sous son propre nom, ainsi qu’un projet de surf rock nommé The Scantharies.
Blue States revient avec Restless Spheres en 2016 et World Contact Day en 2022, disque que Dragazis qualifie de librement inspiré par les Carpenters et le folk britannique.
Tout ceci nous amène à 2026 et Where the Fades Meet, son septième album.
Dix titres enregistrés principalement dans le studio londonien de Dragazis, avec une idée centrale : confier les mélodies à un chœur de six voix plutôt qu’à une voix soliste.
Dragazis explique que cette méthode l’a poussé hors de sa zone de confort techniquement et musicalement, et l’a poussé à cogiter sur de nouvelles techniques d’enregistrement.
Le chœur en question se forme grâce à une rencontre : Dragazis recontacte Tahita Bulmer, avec laquelle il n’a plus collaboré depuis 2003, qui lui présente la chanteuse Stacey Dowdeswell. C’est cette dernière qui réunit les six chanteurs pour les sessions.
Les parties vocales sont enregistrées en grande partie en prises live uniques, sans retouche. En tendant l’oreille, on entend d’ailleurs la voix de Bulmer émerger ponctuellement au-dessus des autres.
Le quatuor à cordes n’est autre que l’Elysian Quartet, qui avait déjà travaillé sur l’album Afterimages. Son rôle est essentiel : ouvertures orchestrales, montées larges et textures cinématiques, qui se fondent à merveille dans une ambiance alternant trip-hop, indie pop, exotica et vibe méditerranéenne.
Les textes quant à eux traitent de la mémoire, l’incertitude, le besoin de s’extraire du quotidien et les transformations. “Quiet Refrain” explore la nature fracturée des souvenirs. “Waves of Pines” s’inspire des incendies en Grèce. “Idle Hours” et “Totality of the Apex” canalisent l’anxiété liée au futur et aux pressions de création.
En confiant les mélodies à un chœur, Dragazis retire au chant son identité individuelle et transforme des mots intimes en matière collective. Une manière de partager les bons et les moins bons moments de la vie ?