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L’album du jour : Haylie Davis – Wandering Star

album Haylie Davis Wandering Star

À 26 ans, Haylie Davis sort son premier album.
Si ce nom ne vous est pas familier, sa voix, elle, circule depuis plusieurs années sur les disques de Sam Burton, Drugdealer, Alex Amen ou Sylvie. Davis tourne avec eux, chante sur scène et en studio, et se nourrit de cette communauté de musiciens pour construire patiemment ce qui deviendra sa propre oeuvre.
Elle grandit dans une petite ville agricole du nord de la Californie, à une heure de San Francisco.
Dans la maison familiale, la station country Froggy 92.9 tourne en continu et constitue sa première porte d’entrée vers la musique.
À dix-neuf ans, elle quitte l’école et part à Los Angeles, persuadée qu’elle est déjà une artiste et que la question n’est pas de savoir si cela arrivera, mais quand.
Elle enchaîne les petits boulots dans la restauration, joue dans les bars, enregistre dès qu’une occasion se présente, même si les conditions semblent spartiates : une version précoce de « Lily of the Valley » aurait d’ailleurs été captée dans le vestiaire d’un restaurant, seul endroit où elle pouvait s’isoler et obtenir une acoustique « décente ».
C’est aussi durant cette période qu’elle rencontre ses futurs mentors Sam Burton, Alex Amen et Michael Collins, plus connu sous le nom de Drugdealer.
À leur contact, Davis découvre le fonctionnement d’un studio, apprend à structurer ses chansons et à transformer des idées éparses en morceaux capables de tenir sur la durée.
Sam Burton l’emmène en Europe lors de sa tournée en première partie de Weyes Blood. Premier voyage en Europe, premier concert dans une grande salle… et premier véritable déclic lorsque Burton lui laisse chanter un titre en solo, qui reçoit un accueil qu’elle n’attendait pas.
De retour à Los Angeles, Davis finalise Wandering Star , telle la synthèse (voire la somme) des personnes rencontrées, des lieux traversés, des échecs et des départs.
Histoire de planter le décor, Davis cite les cinq albums ayant directement influencé le process de création de Wandering Star : Blue de Joni Mitchell, Grievous Angel de Gram Parsons, Belladonna de Stevie Nicks, Talking Book de Stevie Wonder, Nashville Skyline de Bob Dylan.
Folk, country, pop et americana cohabitent ainsi sans fioriture, dans un disque qui sonne live et immédiat.
Parmi les moments forts on retient « Country Boy », morceau sur lequel Burton et Amen jouent tous les deux de la guitare acoustique -accompagnés du pedal steel de Connor Gallaher-, qui a été enregistré en une seule prise.
Une fois n’est pas coutume, il est dédié à ces jeunes hommes venus du Midwest ou du Sud pour tenter leur chance à Los Angeles.
« Horns Of Time » puise dans un souvenir plus ancien. Depuis l’enfance, Davis participe à un rassemblement organisé dans le nord de la Californie où une certaine Stargazer Lee anime des observations du ciel. C’est elle qui lui apprend à estimer le temps qu’il reste avant qu’une étoile disparaisse sous l’horizon en utilisant simplement l’écart entre ses doigts. Cette méthode porte le nom de « Horns of Time » et donnera donc naissance à sa chanson.
Quant à « Give Me A Rainbow », elle part d’une idée beaucoup plus simple : la possibilité qu’un détail minuscule, aperçu au bon moment, suffise à modifier le cours d’une journée.
Sept années séparent le départ de Haylie Davis pour Los Angeles de la sortie de Wandering Star. Sept années de concerts dans les bars, de petits boulots, de tournées, de rencontres et d’apprentissage.
Le disque conserve la trace de ce parcours.
Plus qu’un point d’arrivée, il ressemble au premier chapitre pleinement abouti d’une histoire commencée bien avant sa signature chez Fire Records.