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L’album du jour : Michael Angelo – A Sorcerer’s Dream

album Michael Angelo A Sorcerer's Dream

Aujourd’hui on va vous parler d’un album certes qui vient de sortir, mais dont la conception remonte au siècle dernier.
Michael Angelo Nigro naît à Topeka, Kansas, en 1954 et grandit à Kansas City, Missouri.
Sa première rencontre avec la musique se fait par « Telstar » des Tornadoes, un morceau instrumental sorti en 1962 et premier single d’un groupe britannique (avant même les Beatles) à atteindre la première place des charts américains.
Ce déclic l’oriente rapidement vers la guitare, puis le piano, la basse, l’harmonica et ainsi de suite, le tout en autodidacte s’il vous plait.
Adolescent, il monte un groupe de rock qu’il appelle Norwegian Wood, en référence -décidément- aux Beatles, et évolue au sein de diverses formations locales.
Au début des années 70, il travaille comme session man au Liberty Recording Studio de Kansas City, un studio pour le moins atypique puisque installé à l’intérieur d’une grotte creusée à même la roche.
C’est pendant les heures creuses (c’est le cas de le dire) de ce studio, entre deux sessions, qu’Angelo enregistre son premier album avec le batteur Frank Gautieri.
L’album paraît en 1977 sur Guinn Records, label du studio Big K Records où ont été mixés les enregistrements, tiré à 500 exemplaires.
Folk-rock, pop quali et légère psychédélie… malgré un cocktail plutôt attrayant, le disque passe inaperçu à sa sortie, dans un paysage musical alors dominé/saturé par le disco et la pop mielleuse.
Il faut attendre 2015 pour qu’Anthology Recordings le réédite, avec la bénédiction d’Angelo, à partir d’un exemplaire original en parfait état, les bandes mères ayant disparu entre-temps.
A Sorcerer’s Dream, le deuxième album, a une histoire plus longue et plus sinueuse.
Angelo le compose et l’enregistre en 1976, au même studio Big K Records, à la même période que son premier disque, et bien sûr avec le même batteur Gautieri.
Les morceaux sont cette fois préparés et répétés avant l’enregistrement, là où le premier album avait été capturé dans l’urgence.
L’album reste inédit pendant plus de vingt ans, pour des raisons obscures : manque de budget, manque d’intérêt commercial, fermeture ou restructuration interne de Big‑K ?
Quoi qu’il en soit, c’est Brian Hulitt du label Void Records qui lui donne son premier pressage vinyle en 1999 et le fait circuler dans un circuit confidentiel de collectionneurs de psych et folk privés américains.
C’est par ce biais que notre bien-aimé Dean Blunt tombe sur le titre « Nubian Queen » et en sample une portion pour son morceau « Galice » en 2012.
Un an plus tard, Anthology Recordings sort -le désormais fameux- « Nubian Queen » en single et déclenche une redécouverte numérique plus large du travail d’Angelo.
En 2015, le label réédite le premier album sur vinyle.
A Sorcerer’s Dream continue de circuler en parallèle sous forme de pressages de seconde main de plus en plus recherchés, avant de finalement paraître en version officielle.
Enregistré dans une grotte en 1976, ignoré pendant vingt ans, pressé à la main en 1999, samplé par Dean Blunt en 2012, réédité en 2026 : A Sorcerer’s Dream a mis exactement cinquante ans à être accessible au grand public. Pour un album sur la magie et les voyages dans le temps, c’est cohérent.