
SUEP s’est construit à partir de lieux de vie partagés, de studios improvisés et d’un réseau de groupes gravitant autour de Gob Nation, collectif londonien rassemblant plusieurs formations de la scène indé.
Mené par Georgie Stott et Joshua Harvey, le groupe s’organise selon une logique où les allers-retours entre membres, projets parallèles et pratiques DIY structurent un mode d’écriture fondé sur la circulation des idées.
Leur rencontre remonte à Winchester, alors qu’ils ont 18 ans. Très rapidement, ils commencent à écrire et jouer ensemble, d’abord dans un groupe punk.
Lorsque Stott part étudier à Brighton, ils poursuivent ce travail à deux sous le nom de SUEP, après leur installation dans un ancien centre éducatif reconverti.
Mais c’est vraiment à Londres que la version finale du groupe prendra forme, après avoir investi cette fois un centre de jeunesse devenu espace hybride.
Dans ces conditions de vie spartiates, répétitions, enregistrements et vie quotidienne se confondent, reposant sur l’échange direct et l’économie de moyens.
Avec Forever, SUEP formalise pour la première fois ce fonctionnement à l’échelle d’un album en conservant une organisation collective : les parties vocales se distribuent entre les membres, les arrangements restent ouverts, chaque intervention trouve sa place et contribue à un équilibre global.
Musicalement, il fait coexister synth pop lumineuse, guitares au grain clair, inflexions post-punk, passages plus proches du garage ou du pub rock, avec une prédilection pour les formats courts.
Le groupe décrit d’ailleurs sa musique comme une forme de “car boot sale pop” : un assemblage d’éléments récupérés, réagencés sans hiérarchie, qui produit un résultat à la fois familier et légèrement décalé.
Les paroles sont parfois écrites d’un seul tenant, sur téléphone, dans un moment de retrait après une dispute par exemple -à l’image du titre “Highway II” qui raconte un rendez-vous de Saint-Valentin qui bascule-, puis rapidement mises en forme en répétition.
Cette immédiateté se retrouve tout au long du disque, où l’écriture et l’enregistrement avancent dans un même mouvement, au plus près des situations, en reflétant les conditions de travail et de vie qui ont façonné SUEP.



