
Originaire de Caroline du Nord et révélée par une série de singles devenus viraux, Hemlocke Springs — de son vrai nom Isimeme Udu — aurait pu rester un phénomène d’algorithme.
Autodidacte passée par GarageBand, alors qu’elle poursuivait un master en health informatics, Isimeme Udu a rapidement dépassé le simple statut d’artiste TikTok pour attirer l’attention de pairs comme Grimes, Steve Lacy ou Doechii.
Avec « the apple tree under the sea » , son premier album, elle choisit de ne pas capitaliser sur la formule courte et immédiate de ses premiers succès, mais d’élargir nettement le périmètre.
Présenté comme un concept album, le disque suit un fil narratif assumé : une quête de transformation personnelle déclenchée par la découverte symbolique d’une pomme rouge — référence directe à la connaissance, aux interdits et à son éducation chrétienne au sein d’une famille nigériane immigrée.
L’album déroule ainsi une trajectoire de confrontation avec la répression, les souvenirs traumatiques et les croyances héritées, pour mieux affirmer une émancipation.
Aux côtés du coproducteur Burns (Lady Gaga, Charli XCX, Britney Spears), elle pousse encore plus loin le curseur dans un tourbillon d’art-pop expansive, de synthés 80s brillants, de ruptures de ton abruptes et de passages presque baroques.
La voix elle-même devient un terrain d’expérimentation : tour à tour joueuse, maniérée, presque solennelle.
Vous l’aurez compris: là où beaucoup de premiers albums confirment une formule, Hemlocke Springs prend le risque de la fragmentation, et c’est tout à son honneur.



