VedeTT : tambour battant (interview)

                                                                                    Crédit photo : Chris Taylor

Sur la route depuis le début d'année dans le cadre de l'Amish Tour, VedeTT a récemment fait une halte à la Flèche d'Or pour nous présenter son album intitulé "Tuer les Gens".
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GBHM : VedeTT, bière belge, machine à laver, célébrité... te concernant cela correspond à quoi ?

VedeTT : Le nom vient clairement de la bouteille de bière. En buvant une bière Vedett j’ai trouvé ça cool, accrocheur, un peu marrant et les 2 "t" majuscules c’est pour le côté esthétique. J’avais essayé de négocier un partenariat avec la marque ; ils étaient OK pour me filer des caisses de bières pour la release party de l’album, le problème c’est qu’il fallait que j’aille les chercher en Belgique !
Si j’ai une date en Belgique je les recontacterai. C’est cool, la marque me donne 5 caisses de bières !

GBHM : Tu décris ton style comme étant de la "Pop Spleen New Wave"... Peux-tu expliquer ce genre de musique aux néophytes ?

VedeTT : En fait c’est de la pop, c’est du rock …. Il y a un côté New Wave et un côté Cold Wave. C’est froid, c’est droit, c’est mélancolique et c’est assez planant.

GBHM : Dans quel genre d'ambiance tu te trouvais quand tu as écrit "tuer les gens" ? Et d’ailleurs par qui on commencerait ?

VedeTT : C’est des petites réflexions, des petites névroses, des petites angoisses que j’ai en permanence. J’ai écrit ça comme d’hab, c’était un jour comme les autres. Mais c’était il y a longtemps, c’était l’été 2014. Donc bien avant les attentats et tout ce qui se passe en ce moment. Tuer les gens c’est pas un appel au meurtre. On a tous ces petites envies de meurtre au quotidien quand on croise quelqu’un avec son portable, quand il nous arrive une saloperie en bagnole ou quelqu’un qui n’est pas aimable et c’est un peu ça tuer les gens. C’est pas tuer les gens au sens propre, c’est tuer les mauvais comportements qui nous agacent. Et ça s’applique à nous même aussi. C’est un peu de l’auto censure et la quête de la sagesse. Toujours essayer de s’améliorer. Garder la tête froide et ne pas se laisser emporter par des émotions et par des comportements pourris, qu’on regrette un jour ou l’autre. Au final c’est une chanson carrément humaine ! Ceux qui me connaissent me trouvent carrément humaniste et c’est pour ça aussi que je suis exaspéré et sensible. J’adore les gens en fait !



GBHM : Ton album s'appelle "Tuer les Gens" et c'est le seul titre en Français. Pourquoi ce choix ?

VedeTT : A la base ce morceau ne devait pas être sur l’album car je venais de le terminer. Comme j’étais dans une dynamique de composition, j’ai fait ce morceau très rapidement. En une heure j’avais les paroles et la base de la musique. J’étais assez content de ce truc. Je me suis dit "je vais le mettre sur l’album et je vais l’appeler comme ça".

GBHM : Tu as une passion pour les Amish, est-ce parce que comme eux ta règle d'or c'est "Tu ne te conformeras point à ce monde qui t’entoure" ?

VedeTT : En tout cas je pense qu’ils le respectent beaucoup mieux que moi ! Malheureusement j’ai plein de paradoxes et je ne suis pas toujours en accord avec moi-même, je n'ai pas cette force. Après je ne suis pas passionné par les Amish, mais je trouve ça extraordinaire que ça existe encore. Ils ont traversé les époques, ils ont vraiment réussi eux, car la mondialisation a vraiment pourri à peu près tout le monde.
J’ai choisi les Amish parce que c’était marrant, en plus à l’époque je mettais un chapeau et j’avais une grosse barbe. Tout le monde me disait que je ressemblais à un Amish.
Par rapport aux autres humains ce sont des gens qui sont très humbles, très modestes. Ce sont des valeurs que je défends. Après je ne suis pas du tout d’accord avec plein de choses en ce qui concerne les Amish. C’est carrément réac, quand tu vois la condition de la femme etc. C’est beaucoup trop religieux, même si la spiritualité m’intéresse vachement et cela m'intrigue beaucoup. En même temps ils sont obligés de s’imposer une discipline pour perdurer. Les Amish, ça ne rigole pas ; si tu ne respectes pas une de leur règles, tu es banni. C’est affreux pour un Amish exclu de se retrouver complètement perdu dans un monde qu’il ne connaît pas. Quelque part ils sont obligés de rester très durs et très disciplinés, sinon ça partirait en vrille. Il y a des valeurs qui me plaisent, mais pas toutes évidement.



GBHM : On compare ton style à celui d’Etienne Daho, Q Lazzarus ou encore The Cure. Te reconnais-tu dans ces filiations ? Quels sont ceux qui t’ont inspiré de manière générale ?

VedeTT : Alors, les Cure je comprends pourquoi; ça fait partie de ma culture mais pas plus que ça. Je ne connais pas toute la carrière des Cure, seulement quelques albums. J'adore mais je ne me revendique d'eux.
Étienne Daho je ne comprends pas du tout parce que c'est pas ma culture !
Et puis Q Lazzarus, oui c'est carrément revendiqué. Même si elle n'a fait qu'un seul morceau dans sa carrière, ça a été l'élément déclencheur de mon album. Après un concert de VedeTT de l'ancienne formule, un pote m'a dit que ça lui fait penser au morceau de Q Lazzarus dans "le Silence des Agneaux". Du coup j'ai réécouté le morceau et j'ai compris carrément ce qu'il voulait dire. Cette ambiance là, j'ai décidé de la reprendre pour faire mon album et du coup il y a le premier morceau qui en est vraiment inspiré. "Fade Away" est une sorte d'hommage, cet esprit là est très assumé. Je suis resté dans mon délire à moi qui est très proche de Q Lazzarus.

GBHM : Et tu as d'autres influences ?

VedeTT : Je suis un gros fan de Radiohead mais ça ne s'entend pas du tout. J'ai beaucoup écouté "Idioteque" de Radiohead pendant la composition, mais en fait tu te lances dans un truc et au final ça n'a rien a voir !

GBHM : D'ailleurs qu'est-ce qu'on trouve dans la discothèque de VedeTT en ce moment ?

VedeTT : J’écoute régulièrement James Blake, je suis un gros fan. The War on Drugs, The Drums... J'ai découvert Death Grips il n'y a pas longtemps !

GBHM : Dernière question : si tu devais vivre comme un amish, à quoi aurais-tu le plus de mal à renoncer ?

VedeTT : L'électricité c'est assez compliqué. Et en même temps ça doit être intéressant de vivre comme un amish. Je pense qu'ils prennent le temps de vivre, ils ont d'autres priorités... ils doivent être plus heureux que nous finalement ! Ils ont moins de choses et ils ne s'attachent à rien. Après j’idéalise le truc..

PROPOS RECUEILLIS ET RETRANSCRITS PAR NOEMIE

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