Le Prix Deezer Adami Part II : Instant café avec Wall Of Death (Interview)


Cette semaine, GBH Music a choisi de braquer son micro sur 3 des 10 candidats en compétition jusqu’au 31 mars pour le Prix Deezer Adami.

Après la pause clope de Jessica 93, GBH Music part à la rencontre de son chouchou#2, l’interstellaire noise band Wall of Death.

Loin d’inspirer des idées macabres, leur premier album "Main Obsession" répand un rock psych-idylique aux mélodies accrocheuses, d’un génie effronté à faire sauter les cordes des autres candidats.

Une double tournée américaine et européenne à leur actif, les protégés des Black Angels ont bouclé à l’automne dernier à Los Angeles l’enregistrement de leur deuxième opus dont on apprend qu’il aura de quoi nous surprendre, et on n’en attend pas moins d’eux.  

Pour l’enregistrement de leur session Deezer, ils nous font cadeau d’un de leurs nouveaux titres en version acoustique, de quoi nous mettre en appétit !


En en plus d’être très prometteurs, ils sont aussi très sympa.

Rencontre avec Gabriel Matringe (guitare, chant) et Brice Borredon (claviers, chant)


GBHM : Vous avez perdu votre batteur (NDLR Adam Ghoubali) ?

Brice : Il est allé voir sa meuf à L.A..

GBHM : Vous vivez un peu entre Paris et L.A. ?

Gabriel : Non, on vit à Paris ! On a enregistré notre album à L.A. et Adam a une petite amie californienne, enfin "californiano-française" et vu qu’on a un peu de temps devant nous avant la sortie du disque qu’on vient d’enregistrer (NDLR le deuxième) et qu’on est les uns sur les autres tout le temps à tourner sans prendre de vacances, on a breaké un peu et il a parti à L.A.. Mais comme c’était un live acoustique, on a jugé bon de pas lui faire prendre un billet d’avion juste pour ça. 

Brice : Pour jouer au tambourin (rires)

GBHM : C’est important le tambourin.

Brice : Normalement, Gabriel va le faire avec le pied.

Gabriel : Je vais le faire avec le pied. Ça ira bien. Ouais. On va le laisser tranquille en vacances.

Brice : C’est important l’amour. D’habitude ils manquent d’amour les batteurs. C’est quand même bien stressant en plus.

Gabriel : On le pousse un peu à aimer ouais. (rires)

GBHM : Et vous, pas de vacances, vous vous arrêtez jamais quoi ?

Brice : On est intermittents. Quand on n’est pas en train de faire de la musique, enfin …On a passé beaucoup de temps à composer à enregistrer et tout. Mais c’était aux USA, on n’a pas fait de cachet là-dessus. 

Gabriel : Pour manger, il faut bien travailler à côté. On fait de la musique mais aussi plein d’autres trucs ouais.


GBHM : Vous êtes ici mais vous avez déjà un beau parcours, vous avez tourné en Europe, aux USA…

Brice : A notre échelle, ouais. On a fait plusieurs fois le tour d’Europe et on a fait un gros tour des Etats-Unis. On a enregistré deux albums là bas. 

Gabriel : On est partis jouer au Maroc, en Grèce. Ouais on a fait des trucs cools, en Scandinavie.. 

Brice : C’était bien l’Afrique..

Gabriel : On a quand même beaucoup tourné ouais !

GBHM : Vous avez rencontré d’autres artistes ici ?

Gabriel : On en connaissait déjà deux. On connaît Bagarre, c’est des bons potes. Moi je bosse dans un studio dans lequel ils enregistrent et on s’est vus souvent avec Arthur. Ah et Mous, qui joue de la batterie dans Bagarre, a été notre ingé lumière en tournée ! On est bien potes avec eux.

Brice : On connaît aussi Jessica 93. On sort tous un peu de la même scène. Puis il est quand même sur le label Teenage Menaupose, donc c’est des très bons amis à nous.
Pour l’instant on n’a pas eu le temps d’en rencontrer d’autres.

GBHM : Ouais j’ai vu que vous étiez un peu dans votre coin là.

Gabriel : T’as vu la qualité de la bouffe, franchement ça poussait pas à aller discuter. C’était trop bon, on restait dans notre coin à manger c’était très bien. Nan je plaisante, on les rencontrera peut être.

Brice : Nan mais mine de rien on connaît pas mal de monde.

GBHM : Vous seriez flatté de recevoir le prix de quel membre du jury ?

Gabriel : Agnès b.

Brice : Ouais Agnès b.

Gabriel : C’est clair. Elle a toujours soutenu le rock et la culture et surtout la culture un peu underground. Tu vois l’élégance des soirées, des trucs qu’elle a fait et les groupes qu’elle pousse et même tout ; même notre label c’est Born Bad Records sur le 1er album, quand tu vois qu’elle soutient des trucs comme ça, des labels comme ça..

Brice : C’est quand même deux mondes un peu différents, arriver à faire le lien entre tout ça c’est quand même génial.

Gabriel : C’est une nana, là-dedans.

Brice : C’est assez rare d’avoir des gens investis à ce point là. Ce genre de position, autant d’ouverture. 

Gabriel : C’est un peu la Vivienne Westwood française, tu vois dans la culture rock. Après je sais pas qui d’autre il y a. Je crois qu’il y a un pâtissier! Hergé ?

Brice : Pierre Hermé (rires) délicieux macarons. 

Gabriel : De délicieux macarons, ah mais oui ! Pierre Hermé si tu nous entends, on aime aussi bien les macarons. Après en tout cas je sais pas qui il y a mais en tout cas Agnès b., c’est sûr.


GBHM : Vous êtes un peu inattendus, vous êtes jeunes, vous faites du rock psyché, c’était un peu comme un mirage de vous imaginer ici.

Brice : Ça sort un petit peu du lot quand même ces derniers temps. 

Gabriel : Ça bouge quand même pas mal. Ce genre de festival c’est justement un petit peu notre chance. C’était déjà le cas, pour ce festival –qu’est-ce que je dis- ce prix, c’était déjà le cas un peu de le faire ; c’est vrai que ça fait un peu outsider et en même temps au milieu de ça (ce qui est bien) c’est de faire un truc différent peut être aussi.

Brice : Si on peut amener un peu de variété… (rires)

Gabriel : Après on s’est pas dit qu’on allait faire du psyché, enfin tu vois on écoute du rock et tout un tas de musique ; on a fait ça d’une façon hyper naturelle en fonction de nos goûts et nos envies.

Brice : D’ailleurs on ne se dit pas vraiment psychédélique. Au sens plus large, c’est bien on a été pris sous cette énorme chapelle qui est la musique psychédélique en ce moment mais on s’en revendique pas plus, voilà. On a été ravis d’être accueillis dans cette famille-là mais (on ?? …avec un regard extérieur). Mais ça se verra encore plus sur le prochain album.

Gabriel : Ouais on sort bien du carcan psychédélique.

Brice : Mouais.

Gabriel : Si c’est quand même des codes hyper définis quoi, qui sont chouettes, avec lesquels on a joué et tout, des trucs vraiment intéressants mais ce qui est intéressant, c’est d’aller voir à droite à gauche quoi. Du coup on s’est bien marrés, un deuxième album différent.

GBHM : Vous l’avez enregistré ?

Brice : On l’a enregistré à L.A. avec Hanni El Khatib, avec qui on a fait du super boulot. C’est un très bon ami maintenant. On s’entend très bien avec lui, humainement, musicalement, intellectuellement.

Gabriel : C’était assez chouette de bosser avec lui. Parce que, le premier album on l’a fait avec les Black Angels, c’était génial, c’était vraiment des gens géniaux. Du coup c’était intéressant de faire un album de psychédélique avec un groupe comme ça. Après je trouvais ça cool aussi l’idée d’aller bosser avec des gens d’univers différents, pour sortir, enfin voilà. Intellectuellement, j’aime bien cette démarche là quoi.

Brice : Sortir du studio d’ailleurs. Parce qu’on on arrivait avec nos idées, notre façon de faire et tout, c’était très bien d’être confrontés à Hanni qui était là "eh vous pouvez pas essayer comme ça?" et rapidement ça pouvait devenir une évidence et il nous ouvrait des petites portes et il nous donnait des petites clefs et c’était hyper bien.

GBHM : Vous avez participé à la tournée d’un de ses albums ?

Brice : De son ancien album ouais. On a fait quelques dates en France avec lui.

Gabriel : Il y en a un qui sort là (NDLR Moonlight) mais on va pas jouer avec lui parce qu’on n’a pas le temps.

Brice : La genèse de ça c’est qu’on avait fait la première partie tous les deux Hanni et nous des Black Angels aux USA, il y a deux ans.

Gabriel : Grosse tournée là-bas. On s’est vraiment bien entendus, vraiment bien entendus, il a aimé la zik et du coup il nous a proposé de faire une tournée.


GBHM : Est-ce qu’il y a un endroit un peu fou où vous aimeriez jouer ?

Brice : Pompéi ? Cliché mais en même temps… En Sardaigne. Moi j’aimerais bien jouer les pieds dans le sable.

Gabriel : A Biarritz.

Brice : Mais on a déjà joué à Biarritz.

Gabriel : C’est vrai. Non mais ouais moi j’aimerais bien jouer en pleine nature avec un gros soundsystem énorme et vraiment dans un endroit cool. Dans la montagne, dans une bonne vallée là, tranquille.

Brice : Dans la montagne ce serait bien ouais.

Gabriel : Avec des gros échos naturels là de porc, ce serait bien cool.

Brice : Une grande vallée ouais.

Gabriel : Ca me ferait bien marrer ouais... Sans public. (rires)

Brice : Proches de la nature. Les éléments. Sentir, vu qu’on utilise pas mal d’instruments très réverbérés…Là avec une grosse réverb’ naturelle, dans le Canyon. Que ça donne un peu de grandeur.

Gabriel : Donc si on gagne l’Adami, on se tire 15 jours dans le Larzac (rires).

GBHM : J’allais justement vous demander qu’est-ce que vous feriez si vous gagniez l’Adami..

Gabriel : On rembourse nos dettes. 

Brice : On s’achète un camion de tournée. C’est pas très sexy les réponses.

Gabriel : Nan effectivement les réponses seront pas très sexy. Le truc génial avec ce prix, l’Adami, c’est la visibilité, ça c’est clair. L’autre côté génial c’est les sous, c’est clair aussi.

Brice : Ça nous servirait à réparer le matos. A préparer les tournées.

Gabriel : On a vraiment un matériel qui n’est pas…

Brice : Dont on a vraiment besoin. Qui nous coûte évidemment beaucoup d’argent depuis des années.

Gabriel : On a du matériel vraiment, plutôt qui court pas les rues, plutôt très cher, plutôt vintage et qui demande beaucoup de maintenance, des vieux claviers, des machins, des cabines de sleed, des roads, des amplis guitare pas possible, des pédales d’effets.

Brice : Et vu qu’on a beaucoup tourné on les a bien bien…

Gabriel : et quand on tourne, on abime tout, et ça coute un bras. T’achètes un truc et 2 ans après il t’a coûté 3 fois le prix auquel tu l’as acheté qui était déjà exorbitant.

Brice : Là on arrive au bout du cycle. Pour repartir sur un nouveau cycle, il va falloir qu’on fasse ça.

Gabriel : C’est un peu la même histoire que la photo numérique et la photo argentique quoi. C’est à dire qu’effectivement  il y a des claviers qui font des orgues Hammond correctement mais déjà ils le font pas aussi bien et en plus ça participe d’une esthétique enfin voilà c’est quand même chouette et t’as l’impression d’avoir des trucs sur scène, t’as pas juste un X avec un clavier tout plat. 

Brice : Ca se ressent. Nous on est persuadés que ça se ressent.

Gabriel : C’est plus vivant, t’as le souffle des instruments analogiques. T’as une esthétique et tout quoi le son c’est pas le même. C’est des vrais. C’est des partis pris artistiques quoi. Ca ne se discute pas. Enfin moi je ne critique pas du tout les gens qui ont des trucs. Je critique ni la photo numérique, ni la photo argentique, les deux se justifient, nous on a décidé de faire de la photo argentique quoi.

GBHM : Ce matériel, c’est pour vous une vraie identité ?

Gabriel : Ouais, voilà, sonore et visuelle. On n’a pas envie et on peut plus et le problème c’est que ça entraine des frais colossaux d’entretien et ça entraine des frais colossaux, genre quand tu loues un van on peut pas tourner avec un van normal, il faut un van, c’est vraiment des gros trucs quoi. Les cabines Leslie c’est des amplis avec des trompes qui tournent  pour faire des effets stéréos enfin et le truc il fait, enfin bref c’est toujours … Tout est onéreux. Voilà, donc si on veut parler du côté pas très sexy du pognon.

Brice : On mange des nouilles mais par contre on tourne avec du super matos. 

Gabriel : On tourne en Rolls mais on mange beaucoup de nouilles.

GBHM : Vous avez déjà parlé des nouilles dans une interview, vous rentriez de tournée et mangiez des nouilles ?

Brice : On a déjà dit ça ? On va peut-être essayer de trouver un sponsor par Lustucru. (rires)

Gabriel : Le prix Youtube/Barilla il nous intéresse pas mal aussi parce qu’on bouffe des nouilles. (rires)

GBHM : Ouais le prix Adami/Deezer c’était plutôt jus de pomme bio.

Gabriel : Oh on est pas trop bio nous on est bien plutôt Dr Pepper. Nan je plaisante on est bio on est bio..

To be continued..

CLEMENTINE

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