Blackfeet Revolution : le 10 Octobre 2014 à la Maroquinerie (Annonce + Interview)


La (Blackfeet) Revolution est en marche… et nous a en chemin accordé une interview aux petits oignons, à l’image des pâtes que se préparait le chanteur / guitariste Benoît à mon arrivée chez lui un soir de septembre.
Cette entrevue avait déjà été reportée pour cause d’incompatibilité d’emplois du temps, mais ce soir-là, j’ai malgré tout dû faire appel à une incroyable abnégation professionnelle, que dis-je, un sens du sacrifice inégalé pour ne pas l’annuler une fois de plus. 
En effet, c’est les cervicales bloquées, en raison non pas de ma dernière rencontre avec mon amant italien - il est pourtant torride, Amos [cette vanne pourrie est copyrightée par Ted Supercar NDLR] mais d’une collision malencontreuse avec un deux-roues non motorisé dont le sens civique n’a eu d’égal que la bêtise, car non content de m’avoir renversée SUR UN TROTTOIR, ce parasite social a fui sans même s’enquérir de mon sort. 
C’est donc, disais-je, dans des conditions particulièrement laborieuses que je me présentais au lieu de rendez-vous, au moment où Fred, chanteur / batteur de son état sonnait à l’interphone de son binôme.
Au final, ce qui devait n’être à la base qu’un entretien express - vu mon état de paralysie avancée - s’est mué en une très agréable soirée passée en compagnie des deux joyeux lurons du groupe Blackfeet Revolution.



Extrêmement prévenants, ils m’ont immédiatement proposé un Doliprane contre la douleur et une bière pour faire passer la pilule, me narrant comment ils avaient eux-mêmes frôlé la mort quelques années plus tôt au lendemain de leur prestation au Festival Des Giboulées, après avoir fait un écart magistral en voiture afin d’éviter un poivrot titubant au milieu de la chaussée. 
Les garçons gardent néanmoins un souvenir ému de leur passage creusotin. Pas spécialement de leur prestation en elle-même, mais de l’accueil reçu sur place, me confiant au passage qu’ils seraient ravis d’y rejouer – avis aux organisateurs. 
Pour ceux qui ne les connaîtraient pas encore, les Blackfeet Revolution, c’est un duo garage guitare / batterie dont les membres se sont rencontrés au lycée (ah, la grande époque des coins fumeurs…) et ne se sont plus quittés, réunis par leur passion commune pour la musique. 
Alors oui, si on pense direct aux Black Keys et autres White Stripes, que les Blackfeet citent d’ailleurs sur leur page Facebook parmi leurs influences marquantes à côté de mastodontes du type Led Zep ou Creedence, on sent également l’influence stoner de Kyuss, pour le côté rythmique hypnotique et chant puissant.




Définissant leur musique comme du "Modern Blues Rock", ils me font plutôt penser aux formidables Heymoonshaker (eux-mêmes très potes à la ville) pour leur côté blagues potaches (leur spécialité, l’imitation de l’accent belge) et leur énergie débordante sur scène. 
Quand ils se sont rencontrés à l’âge de 17 ans donc, ils écoutaient en boucle Rage Against The Machine, Nirvana, les Doors, les Stones ou encore les Beatles, base de leur culture musicale. 
Mais les garçons sont en réalité bien plus éclectiques que mes recherches sur les Internets ne le laissaient présager. 
Si Fred avoue aimer autant le rock que le hip hop que l’électro (de la techno berlinoise à la deep house), Benoit peut également écouter de la musique classique à ses heures perdues. "En ce moment, pour te dire, on écoute Radio Africa dans la voiture pour aller en répèt. Y'a pas de bon ou de mauvais style de musique, y a que des bons ou des mauvais morceaux. Pour tout te dire, il nous arrive même d’écouter du reggae. Mais bon pas à haute dose non plus. Un jour, on est parti en vacances avec un pote qui nous a imposé 6h de reggae dans la bagnole, avec interdiction de changer la musique. Moi à la fin du voyage, si j’avais croisé un rasta, je l’aurais défoncé". 
Ils prêtent également une attention particulière et bienveillante à ce que produisent leurs potes musiciens, à l’instar de Birdy Hunt ou de Kevin O'Leary (le membre d’EERIE et d’Azot Pain Killer hein, pas ce Kevin O’leary là), qui écrit leurs textes et sur lequel ils ne tarissent pas d’éloge. 
En terme de no-go musicaux par contre, Indochine ("prison à vie") et Maroon Five ("Toutes les meufs du lycée kiffaient ce groupe alors que le type a une voix de canard") en prennent pour leur grade. 
On peut difficilement les blâmer pour ça, puisque abondant complètement dans leur sens. 
Au départ un quatuor, les Blackfeet sont restés à deux après un live mémorable au Gibus, pour lequel leurs compères (les très recommandables Léo Grandperret et Bastien Catenacci) n’avaient pu se libérer. 
Loin de leur en vouloir (ils jouent d’ailleurs ensemble dans le projet MMG - Mystical Machine Gun et ont même monté un studio d’enregistrement commun), ils ont au contraire réalisé que c’était avec cette formule que la magie se produisait, pour paraphraser nos amis anglo-saxons. 




Après avoir sorti deux EP acclamés en 2010 et 2012, le duo s’apprête (enfin) à sortir un premier long, introduit par un premier single qui devrait (l’emploi du conditionnel est volontaire) sortir courant décembre. 
Quand je leur demande pourquoi ils ont attendu si longtemps pour mener à bien ce nouveau projet, ils me répondent qu’il n’y a pas de raison particulière. 
Mais en creusant, j’apprends pêle-mêle qu’ils ont pas mal tourné pendant cette période et qu’ils ont du mal à composer sur la route, qu’en outre Fred s’est déboîté l’épaule dans la foulée et moins rock ‘n roll, qu’ils ont dû bosser à côté pour, comme tout un chacun, payer leur loyer. 
Autant de troncs d’arbres dans les roues de leur créativité. "La vérité, c’est qu’on est de bons petits branleurs. En même temps, on a mis une demi-heure pour répondre à deux de tes questions, donc tu comprends pourquoi on a mis deux ans pour pondre un album".
Des branleurs, c’est loin d’être l’impression qu’ils donnent. 
"On a toujours écrit des chansons, depuis des années, et on les a sorties sans trop se poser la question de savoir si les gens allaient les écouter ou pas. On a sorti les EP sur le même principe. Mais à présent l’attente du public nous motive, ça nous donne envie d’écrire. Et l’envie de jouer de nouveaux morceaux en live est vraiment là. Notre setlist est sensiblement la même depuis 2 ans. Quand tu fonctionnes avec le même set sur une si longue période, t’as qu’une envie, c’est de te confronter au live avec du nouveau matériel".




C’est dans cette optique qu’ils ont décidé de partir un mois en Bretagne cet été, dans une maison de campagne ambiance fenêtres ouvertes sur le jardin, la mer au loin. 
"On avait une trentaine de titres déjà écrits. Depuis longtemps. Certains datent même d’avant les Blackfeet. Il nous a suffi d’aller un mois en Bretagne pour réaliser les pré-prods. On a transformé le salon en studio avec les amplis, le matos. Les conditions étaient parfaites, on a très bien bossé sans en avoir l’impression. En même temps, quand tu te baignes dans de l’eau à 17 degrés, ça te remet de suite les idées en place". 
Les titres sont donc tous écrits et ils s’apprêtent à les enregistrer dans leur propre studio, qu’ils sont en train de rénover complètement. "Mais tu sais, la musique c’est comme le BTP, t’annonces 3 mois de travaux et en réalité tu ne sais jamais quand tu termines". 
Quant à la couleur musicale de l’album, elle devrait ressembler à un mix des deux EP, mais avec un côté plus pop, voire électro selon leurs dires. "On va rester dans le guitare électrique / grosse batterie brute, mais on a eu tendance à revenir à des chansons un peu plus mélodiques, des trucs un peu moins agressifs. Il y a toujours cette énergie garage mais aussi des sonorités un peu plus modernes, un peu plus électro peut-être. Ça reste nous deux, donc l’influences garage perdure évidemment. Car même si on se met à faire la pop la plus douce possible, le grain brut reste, on est comme ça, on ne peut pas faire autrement. Mais les morceaux n’étant pas encore produits, nous connaissant, en studio ça peut encore changer. L’écriture c’est une première phase, la prod c’est un stade complètement différent. La chanson peut changer du tout au tout. Et quitte à faire tout un album, autant explorer plein de pistes différentes". 
Les Blackfeet présenteront en avant-première certains de ces nouveaux morceaux sur la scène de LaMaroquinerie le 10 octobre prochain (places en vente ici et event FB ), lors d'un concert au cours duquel ils promettent moult featurings et autres surprises.



Un bonheur n’arrivant jamais seul, ce sont les formidables Guilty SoWhat qui ouvriront pour eux. 
Si vous me cherchez ce soir-là, je serai - pinte de blonde en main – au premier rang dès 20h PETANTES.



MAUD

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