Eco-festival le Cabaret Vert 2014 : le bilan !

                                                  
                                                 Crédit photo : DarkRoom

JOUR 1


13h55 - Il règne comme une ambiance de colonie de vacances dans ce train qui m’emmène à Charleville-Mézières : ados surexcités, odeurs de sandwichs à la charcutaille et décapsulages en série… Pas de doute, je suis entourée de festivaliers (campeurs pour la majorité d’entre eux – j’aurai d’ailleurs une pensée émue pour ces valeureux guerriers de la Quechua 2 secondes chaque nuit en quittant le site pour retrouver mon lit moelleux), qui se rendent au même endroit que moi.

17h00 – En compagnie d’une amie Carolomacérienne, je savoure sur une terrasse ensoleillée de la place Ducale mes premières Chouffe du weekend, nécessaire mise en condition avant d’attaquer les choses sérieuses.

18h45 – Accréd’ en poche, je me faufile à l’intérieur du site, laissant derrière moi des centaines de festivaliers trépignants devant les crashs. Victime de son succès pour ses 10 ans, le Cabaret Vert a vu sa fréquentation augmenter de 25 % par rapport à la dernière édition, ce qui a occasionné quelques bouchons à l’entrée le premier jour, apparemment vite oubliés une fois effectuée la plongée dans le tourbillon du festival ardennais.

Le temps d’acheter quelques Bayard (la monnaie du festival en forme de jetons rouges et verts - à chaque fois que tu te commandes une bière, tu as l’impression de faire un poker), nous rejoignons la scène des Illuminations où ALB entame à l’instant même ses magnifiques "Whispers Under The Moonlight". C’est une bien belle entrée en matière que nous offre le Rémois Clément Daquin, visiblement ému d’ouvrir les hostilités.


ALB - Crédits photo : Clément Caron Photographie - DarkRoom

19h15 - A peine le temps de souffler que nous nous dirigeons en direction du bar Le Bateau Ivre pour le nécessaire refill de bières belges, alors que METRONOMY prend possession de la scène Zanzibar. Le quartet grand-breton semble être en bien meilleure forme que lors de la tournée de "The English Riviera". La foule danse, euphorisée par l’avalanche de tubes électro-pop. Les anglais ont parfaitement "fait le job" et on en redemande.

20h25 – Rapide incursion au concert de RED FANG, le temps de s’apercevoir que l’influence stoner du groupe de Portland passe hélas assez inaperçue en live, au profit d’un heavy metal pur et dur. Heureusement, le bar Groin Groin situé à proximité de la scène des Illuminations nous permet de nous consoler avec une tournée de Jenlain et de rencontrer des habitués, toujours prompts à vanter les mérites de LEUR festival et de leur région. Et on commence à les comprendre !

Quand tu as pour guide les adorables Stéphane Buriez de Loudblast et Frédéric Leclercq de Dragonforce, t’as un peu l’impression de te balader dans un mini Hellfest, tant les fans sont prompts à demander tous les 3 mètres moult autographes et autres photos avec leurs idoles. Il faut dire que la population de métalleux est surreprésentée au Cabaret Vert par rapport aux autres festoches dits "généralistes", ce qui contribue sans aucun doute à l’excellente ambiance qui y règne.
  


21h15 – M fait le show sur la scène principale. Très classique dans l’interprétation de ses tubes, il finit par se lancer dans un medley improbable incluant entre autres "Killing In The Name" de RATM. Du coup, on a préféré retourner au Groin Groin écouter l’originale qui y passe en boucle chaque jour.

22h20 – Début du concert de Royal Blood, aka mon highlight personnel de cette première journée. Alors que les Black Keys font les petites annonces pour retrouver leur authenticité, le duo anglais semble tout simplement prêt à assurer la relève.


ROYAL BLOOD - Crédits photo : Kmeron - DarkRoom

 23h30 – Les blagues douteuses fusent ("Ils me filent mal au crâne… mais à défaut de Paracétamol, on se contentera d’un Placebo"). Même si je n’ai écouté que d’une oreille distraite les comparses de Brian Molko, j’avoue que "Every You & Every Me" fut ma madeleine de la soirée, autant pour sa mélodie entêtante que pour le souvenir de Ryan Philippe dans Cruel Intentions.

00h30 – Oubliant dans l’euphorie du premier jour l’horaire du concert de Joey Badass, nous rejoignons la scène du Temps des Cerises pour assister au live de l’ami H E L P E R de la formidable écurie Highlife Recordings, dont le boss me confia être plus que ravi de l’accueil réservé à ses artistes par l’équipe du Cabaret Vert.

Ça danse sec sous les arbres, excellente mise en jambe avant les fous furieux de DIE ANTWOORD.

01h15 - Les sud-africains assurent le show, avec une apothéose sur "Baby’s On Fire", reprise en cœur par une foule transcendée et acquise à leur cause. Ça pogote dur devant la scène, dans une ambiance pseudo-punk, alors que dès la fin du live, des dizaines de spectateurs éplorés chercheront accroupis dans l’herbe leurs portables envolés, à l’endroit-même où ils sautaient dix minutes plus tôt...


DIE ANTWOORD – Crédit photo : Kmeron - DarkRoom

La farandole de houblon ayant eu raison de notre motivation, c’est au son des premiers beats de Flume que nous rentrons.


05h00 - Rideau… 

JOUR 2

09h00 - Quand tu es hébergée par des potes, tu te sens un peu obligée de te plier à leurs horaires. En l’occurrence, 9h du mat’ pour le réveil, c’est légèrement brutal quand tu t’es couchée à 5h. C’est donc au bout du gaffer mais avec un cocktail Ibuprofène-Spiruline-Açaï-Nicotine salvateur que j’entame cette seconde journée ardennaise, avant de succomber à la fameuse crêpe Maroilles-lardons, puis à la Flap-Mich’ - du nom de l’asso’ organisatrice du Cabaret Vert - sorte de pizza au… Maroilles évidement (oui, j’ai une légère obsession pour ce fromage à pâte molle). 



16h30 – Le set pro et propre des sympathiques Cloud Nothings, malgré un son loin d’être au top (un problème récurrent de la grande scène), termine de nous remettre d’aplomb.

17h30 – Nous nous rapprochons des teenrockers de Marmozets, qui, s’ils semblent être en grande forme, manquent encore un peu de fond. Le public n’en a cure et ne boude pas son plaisir dans le pit.

18h10 – Intrigués par le mini-buzz récemment créé autour du quartet estampillé glam rock en provenance de Debry, nous nous installons, un peu dubitatifs, devant The Struts. Au final, un peu d’esbroufe certes, mais un set totalement maîtrisé grâce au charisme ravageur de leur excentrique chanteur Luke Spiller. Un groupe à suivre. 




Le Viking 2014 est apparemment fan de glam rock.

18h45 - Notre tentative de rejoindre Le Temps des cerises pour le concert des jouissifs Salut c'est cool se solde hélas par un cuisant échec, le périmètre étant blindé. Tant pis, nous nous rabattrons sur leur prestation de samedi soir, devant une scène plus adaptée à leur grandissante notoriété.

19h30 - La suite du programme est placée sous le signe du Hip-Hop, avec tout d’abord des Cool Kids un brin endormis à notre goût, largement surpassés par les toujours rigolos Casseurs Flowters, qui s’éclatent sur scène et éclatent le public à base de punchlines plus hilarantes les unes que les autres.

C’est hélas à ce moment que nous avons dû interrompre notre programme pour cause de drache apocalyptique, afin de nous réfugier sous le chapiteau dédié aux courts-métrages, ce qui nous a permis 1/ de nous réchauffer, 2/ d’être au sec, 3/ de découvrir l’installation ludico-graphique de l’artiste coréen Joon Moon et 4/ de mater le chouette court du street artist italien BLU, notre préféré.

21h00 – La pluie joue à cache-cache. Place aux impeccables Murkage, de loin le meilleur concert hip hop du week-end, period. Joie dans le public quand ils font monter Orelsan (rebaptisé Oreille Sale) sur scène.

21h50 - Editors, même sous la pluie, ça n’a pas vieilli. Je les aimais il y a dix ans, je les aime toujours autant. Les tubes s’enchaînent et mon cœur de midinette bat la chamade.

23h00 - Pause syndicale au Bateau Ivre, pour reprendre des forces avant ma prochaine madeleine, à savoir les indéboulonnables The Prodigy. Ambiance welcome to the 90’s, avec les cultes "No Good (Start The Dance)", "Smack My Bitch Up, Breathe" et "Firestrater", même si nombre de vingtenaires présents nous ont affirmé adorer ces pionniers anglais de l’électro, qui ont débuté alors qu’ils n’étaient pas encore nés.



The Prodigy – Crédit photo : Hervé Dapremont • Photographie - DarkRoom

1h00 – Faisant l’impasse sur Kavinsky et son Outrun Live trop entendu, nous terminerons la soirée au Temps des cerises en compagnie des potos de HOOSKY, qui clôturaient en beauté cette deuxième journée.

JOUR 3


15h45 - Nous arrivons hélas sur la fin du set de The Lads, prometteurs rockers du cru, dont le seul défaut est d’avoir eu l’idée saugrenue de choisir le même nom qu’un obscur groupe néozélandais de rock c(h)réti(e)n, établi dans le trou du cul du Tennessee.

16h00 – Direction la grande scène pour le très attendu live de la prometteuse Findlay, pas déméritante malgré un son très moyen. Malgré une reprise de "I wanna be your dog" plutôt réussie et la sexy "Off & On" en clôture, on reste un peu sur notre faim…

16h50 – La VRAIE bonne surprise de la journée, c’est le remplacement de BBGang par les très chouettes rémois de ROUGE CONGO et leur électro-pop lumineuse.


 ROUGE CONGO – Crédits photo: Denoual Coatleven - DarkRoom

Depuis, on se repasse en boucle les titres publiés sur leur Bandcamp pour prolonger le plaisir.

17h30 – Les anversois de Triggerfinger, emmenés par le toujours classieux Ruben Block débarquent sur la scène Zanzibar avec leurs riffs blues, pour remplacer les australiens d’Airbourne qui n’ont pas annulé mais sont reprogrammés plus tard en remplacement des danois de Volbeat, qui eux ont annulé leur venue (ça va, tu suis toujours?).



TRIGGERFINGER - Crédits photo : Hervé Dapremont • Photographie - DarkRoom

19h00 – Noyé sous des trombes d’eau, le blues touareg de Tinariwen réussit pourtant à garder son public. Nous décidons néanmoins de profiter des conditions climatiques instables pour visiter le Village Associatif, vitrine de nombres d’associations engagées dans des causes aussi diverses que l’humanitaire, la culture et l’écologie.

19h30 - Le temps s’étant stabilisé, nous n’avons pas boudé notre plaisir d’assister à la grand’messe hard rock orchestrée par les cultes Airbourne, qui ont littéralement soulevé les foules.

21h00 – Schoolboy Q semblant avoir pris 1/ la grosse tête et 2/ trop de prods’ (le garçon n’a assuré que les 2/3 de son set, laissant le soin à son DJ de meubler à base de transitions insupportables), nous décidons d’aller nous reposer en attendant les concerts de Salut c’est cool et de nos chouchous Jagwar Ma.

0h40 – En observant mes voisins de concert, j’ai la curieuse impression que le nombre de fumeurs semble en constante augmentation, jusqu’à ce que je réalise que ce qui sort de nos naseaux, ce n’est pas de la fumée, mais la condensation de nos respirations haletantes, rapport aux 6° ambiants, -12° ressentis.
  


Conditions extrêmes dans les Ardennes.

C’est alors que les Salut C’est Cool commencent enfin leur concert, dédiant celui-ci à la gravité. Bien leur en a pris (les mecs sont des visionnaires), vu qu’ils ont cassé leur pratos au bout de 5 minutes. Les backliners de la scène des Illuminés (pardon, des Illuminations) semblent avoir le meilleur job de la Terre, suivis de près par les sécuritas de ladite scène lorsque nos increvables zigotos décident comme à leur habitude de faire monter 10, puis 20, puis 30 personnes du public sur scène. Le genre de groupe dont on aimerait voir le rider… Heureuse idée des programmateurs du festival de les booker le même soir que FAUVE. Car parmi les "nouveaux groupes français" découverts grâce à la magie des Internets, ils ne pouvaient trouver plus antagonistes. Un grand n’importe quoi particulièrement débile mais profondément jouissif.


SALUT C’EST COOL - Crédits photos : © D.Coatleven - DarkRoom

 Quelque part après 2h00 du mat’ – Nous avons lutté, pleins de bonne volonté, pour rester jusqu’au bout du concert des géniaux Jagwar Ma qui ont pourtant tout donné, mais la lutte était inégale et la perspective de ma couette l’a emporté.

JOUR 4


16h50 - Le but de cette dernière journée : profiter au maximum du concert des formidables Thee Oh Sees - la meilleure idée de prog’ du festival - avant de devoir traverser la France d’Est en Ouest pour cause d’autres obligations professionnelles bien moins réjouissantes, nous faisant rater par la même occasion la prestation de ce cher Nick Waterhouse.


THEE OH SEES – Crédits photo : D.Coatleven - DarkRoom

18h10 - Un dernier passage éclair devant les étincelants St. Paul and The Broken Bones nous fait décidemment regretter de devoir déjà prendre le chemin de la gare…

Toutes les bonnes choses ayant une fin, nous partons donc, mais c’est pour mieux revenir. Car si la cuvée 2014 du Cabaret Vert était excellente et que le festival a vu grand pour ses 10 ans, on en espère tout autant pour 2015. Alors à l’année prochaine dans les Ardennes !

MAUD




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