
C’est lors du Supersonic’s Block Party festival 2025 que Lézard s’est imposé comme une évidence : sur scène, le groupe dégage une énergie folle et diablement contagieuse, grâce notamment à la partie de ping-pong vocale entre la chanteuse Myrthe Asta et le chanteur Neil Claes.
Restait à voir comment cette dynamique allait pouvoir être transposée en studio, sans perdre en intensité ni authenticité.
Avec « Que Se Passe-t-il » , le premier album des Belges enregistré avec le producteur Bert Vliegen, Lézard parvient à conserver cette impression de mouvement permanent, comme si chaque morceau refusait toute forme d’étiquette.
On y retrouve ce qui faisait déjà la singularité du groupe en concert : une manière d’avancer sans chercher l’équilibre, en laissant coexister élan rythmique, dérives électroniques et distance ironique.
Lézard évolue dans un territoire où se croisent l’héritage du post-punk et les pulsations du disco, avec une approche qui évoque autant la nervosité angulaire de Gang of Four que les débordements synthétiques de Devo ou les constructions plus obliques de LCD Soundsystem.
Sans jamais chercher la démonstration, le groupe privilégie les décalages, les bifurcations et les ruptures de perspective, ce qui confère à Que Se Passe-t-il une présence particulière, à la fois directe et insaisissable — bref, à leur image.
On ne ratera bien évidemment sous aucun prétexte leur retour dans la capitale le 26 mars au Supersonic Records, histoire de confirmer que cette énergie reste, avant tout, une affaire de corps en mouvement.



