Milk and Green : Sur la route de Memphis (Interview)



Milk and Green ou l’association de Malted Milk -groupe français issu du blues au sein duquel officie le guitariste Arnaud Fradin- et de la chanteuse soul/funk de Memphis, Toni Green (On doit pour information cette initiative à Sébastian Danchin, producteur et spécialiste de la "Southern soul").

Malted Milk tourne depuis près de 15 ans sur les scènes françaises et internationales et a su se forger un son proche de ces backing bands de Memphis qui ont fait les beaux jours de Stax, American, Goldwax ou Hi Records.

C’est justement chez ces derniers que Toni Green a "appris le métier" aux côtés du producteur Willie Mitchell et pu ainsi côtoyer des légendes telles que Al Green, Ann Peebles, Syl Johnson… (la liste est beaucoup, mais vraiment beaucoup trop longue pour tous les citer).

Lors de leur première rencontre, la légende voudrait que Toni ait comparé nos musiciens français à la fameuse section rythmique de Hi Records, notamment grâce à la régularité du batteur Richard Housset (quand on sait qu’à l’époque le batteur s’appelait Howard Grimes, parfois même remplacé par l’immense Al Jackson Jr, ça doit faire plaisir).

Pour parler un peu de l’album, il y a du groove et de l’émotion, la guitare d’Arnaud fait des merveilles et la voix de Toni est pleine de sensibilité. En écoutant le morceau "Just ain’t working out", j’ai eu une pensée pour Betty Lavette, sans doute parce que c’est la dernière diva soul que j’ai entendue en live, mais c’est pour vous dire l’émotion qu’il peut y avoir dans la voix de Toni.

On trouve également des titres originaux et des reprises comme l’excellent morceau de Sly Johnson "That Wiggle" ou plus récemment "I Can Do bad" de Mary J. Blige, totalement réarrangé et méconnaissable.

Nous avons pu poser quelques questions à Toni et Arnaud, afin d’en savoir plus sur cette brillante association !  


GBHM : Votre collaboration a été pensée et arrangée par Sébastian Danchin, votre producteur, comment l’idée lui est-elle venue ?

Arnaud : Grâce à Jean-Hervé Michel, notre tourneur, qui voulait du changement pour notre groupe, et en parlant avec Sébastian, ce dernier a pensé à joindre Toni Green qu’il avait entendu chanter il y a 15 à Memphis.
Toni : En 2013 j’ai reçu un CD du groupe que je n’ai pas écouté tout de suite, de petits blancs français ça ne m’inspirait pas plus que cela (dit-elle avec un rire communicatif), mais une fois écouté ce disque, j’ai été séduite et ai recontacté Sébastian sans hésiter, pour en savoir plus.

GBHM : Arnaud, est-ce que l’on a demandé ton avis avant de foncer chercher Toni à Memphis ?

Arnaud : Pas du tout, on nous avait fait bien sûr écouter des morceaux d’elle avant notre rencontre, mais c’est tout. Nous avons fait entièrement confiance à Sébastian.

GBHM : Racontez-nous la manière dont s’est déroulée votre première rencontre.

Arnaud : En janvier de cette année, Toni est arrivée en France, et avons fait connaissance pendant nos 4 jours de résidence à Nantes. Le feeling est tout de suite passé. J’avais déjà préparé quelques morceaux que nous avons ensuite retravaillés avec Toni (et Sébastian qui avait un œil sur tout et une direction et un son qu’il voulait que nous adoptions).
Cela se passait si bien que nous avons pu présenter fin janvier des titres en live au BIS 2014 (Biennales Internationales du Spectacle) afin de trouver des dates de tournées dès cette année.



GBHM : Arnaud, si je ne me trompe pas, il s’agit du 6eme album studio du groupe, mais le premier entièrement en duo avec une chanteuse. Qu’est-ce qui a changé dans la préparation et l’enregistrement de l’album par rapport aux précédents ?

Arnaud : Ce n’était pas évident et entièrement nouveau d’écrire pour quelqu’un d’autre que moi, en particulier une femme. Je me suis d’ailleurs fait aider d’une amie pour les morceaux que je composais en attendant de rencontrer Toni, comme "Hold back this feeling" ou "Deep inside. 
Mais c’est une super expérience, j’ai beaucoup aimé.

GBHM : L’enregistrement s’est fait entièrement en France ?

Arnaud : Oui dans la région de Nantes, aux studios Bonisson de notre pote Albert.
Les musiciens ensemble dans la même pièce et Toni seule de son côté. Cela donne un coté live à l’enregistrement. Seul les cuivres et violons ont été rajoutés par la suite.
Toni : Je me sentais un peu seule pendant ces enregistrements sans les gars (rires).

GBHM : Vous avez choisi d’inclure sur le disque plusieurs reprises de morceaux issus de différentes époques, comment s’est fait le choix de ces morceaux ?

Arnaud : Tous ces titres nous ont été proposés par Sébastian, comme "Slipped, tripped and fell in love" d’Ann Peebles avec une interprétation très proche de l’originale.
Nous avons par contre plus réarrangé "As long as I have you " de Garnet Mimms ou "That wiggle" de Sly Johnson.
La plus inattendue qu'il nous ait proposée est "I can do bad all by myself" de Mary J. Blige.
Toni : Je connaissais déjà cette chanson pour l’avoir entendue dans un film et elle m’était restée en tête.
Arnaud : On a décidé sur les conseils de Sébastian de l’interpréter à la façon d’Ann Peebles, tout en retenue et le résultat nous a convaincu.



GBHM : Toni, est-ce la première fois que vous chantez en France ?

Toni : Non j’ai déjà fait des festivals en France, notamment 2 fois à Villeurbanne, en 2010 et 2012.

GBHM : Toni, vous n’avez pas trop le mal du pays ?

Toni : Non car je suis repartie plusieurs fois pour quelques semaines chez moi à Memphis.
Mais de toute façon je me sens très à l’aise en France, j’aime son histoire, sa culture.
Et en plus j’ai un très bon feeling avec le public français.
La seule chose sur Paris, c'est prendre le métro et marcher autant pour aller à un endroit que je n’aime pas. Circuler en voiture pour chaque déplacement comme chez moi me manque (rires).

GBHM : Vous avez peut-être envie d’aller aussi présenter ce projet dans votre région de Memphis ?

Arnaud : C’est quelque chose que nous aimerions bien, sans forcément faire une tournée, juste aller avec tout le groupe jouer sur place.
Mais c’est compliqué et pour le moment nous nous concentrons sur une tournée française et européenne pour 2015.

GBHM : Vous avez déjà des dates à nous donner ?

Arnaud : Tout est sur notre site !

GBHM : Merci à vous 2 pour ces réponses, et surtout ce très bon album de "Southern soul" !
On vous retrouvera déjà au Trianon le 13/11 pour une grande soirée blues …



PROPOS RECUEILLIS PAR ARNOLD
CRÉDIT PHOTO : BENOIT BOUTE

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