The Growlers : les fables de la fontaine (Interview VO/VF)


The Growlers sont de retour avec Chinese Fountain, d’où jaillira on l’espère leur bonne fortune.


Bien que le quintet californien ait été formé dès 2006, ce n’est que bien plus tard que mes tympans ont commencé à se délecter de ce prodigieux pot-pourri mélangeant habilement surf music et rock 60’s, influences garage et pop psyché, country et post punk (on a fait le tour là, je crois), qu’ils affublent eux-mêmes du terme "beach goth", coupant ainsi l’herbe sous le pied de divers gratte-papiers musicaux toujours prompts à coller des étiquettes. 
Leur musique, si elle a une identité propre, est cependant difficile à décrire avec pertinence et ce terme semble parfaitement approprié, tant il existe une dichotomie entre le versant parfois sombre de leurs paroles et les références aux plages ensoleillées de leur Californie natale, où leurs histoires prennent racine.
De ces origines, The Growlers gardent une aura de surfers à la coule baignant dans un DYI qui fleure bon le sable chaud et les pédales fuzz.

Perso, même après des heures d’écoute intensive l’année dernière, je chéris toujours autant leur troisième album "Hung At Heart", enregistré avec les moyen du bord après une expérience avortée avec Dan Auerbach himself, en particulier le titre "Naked Kids" et son refrain-mantra "I'll forgive you friend, forgive me and we can be in love again ".



"Chinese Fountain", leur quatrième album, enregistré en moins de dix jours et produit par JP Plunier [entre autres découvreur de Ben Harper et producteur de Jack Johnson, NDLR] est encore plus varié, si tant est que cela soit possible, oscillant entre beats disco (l’acidulée "Chinese Fountain" et ses paroles désabusées "The Internet is bigger than Jesus and John Lennon. Nobody wants to know where we’re headed") et touche reggae ("Going Gets Tuff "). 
Un éclectisme brillamment agencé pour un album à la fois jouissif et mélancolique, reflet des réflexions (se voulant parfois philosophiques) du groupe sur son mode de vie et son engagement à faire une musique toujours meilleure.

Si vous ne les avez jamais expérimentés en live, on ne peut que vous conseiller d’aller les écouter le 22 novembre prochain à la Maroquinerie. Places à choper ici ou .
En attendant ce concert qui promet d’être mythique, leur chanteur Brooks Nielsen a répondu à nos questions, entre deux dates de leur tournée.


GBHM : Hi Brooks ! Thanx for taking the time to answer my questions during the tour. First of all, how is your leg doing ? Last time you played in Paris, you were wearing a cast as a consequence of a stage diving "incident" - even if it didn’t seem to bother you at all.

BN : All healed all good. That couldn't have happened at a worse time. I won't be stage diving anytime soon.

GBHM : Your new album "Chinese Fountain" has been released in France on September 29th. What was its genesis? And what’s the story behind its title ?

BN : Just wanted to make a new album. Simple as that. No big idea.  We have a tuff time making plans. The name came later. I picked Chinese fountain cause I thought it explained us at this point. Trekking and scraping and banking on integrity and a bit of luck.


GBHM : After things did not really work out with Dan Auerbach, why choosing J.P. Prunier to produce the new album ? 

BN : He's been trying to get us for years. We finally gave in.

GBHM : Your band is known to be really fast at making music. How did the songwriting and the recording process go this time ?

BN : Same way. Two weeks writing one week rehearse one week record. We're better at this process now, less stress less bickering and more connections

GBHM : From the beginning, there has been an opposition between your "sunny" sound and your dark lyrics. It feels like you pushed it further on the new record, for instance with the title track, a disco piece with disillusioned lyrics. What was the purpose ?  

BN : Finding a balance. A happy medium to not be too sad or too gay.

GBHM : You got your own festival, the Beach Goth Party, taking place for the third time on October 25th at The Observatory in Santa Ana with an amazing line up (you guys, The Drums, DIIV, GZA, Foxygen, Chelsea Wolfe, etc.). Can you tell me a bit more about that project ?

BN : It's one day 40 bands 20 large art pieces by us and our friends. Also carnival rides and games, lazer tag, a reggae beach island made of sand and palm trees, fake waves Tijuana Zonkeys many psychedelic optical illusion light displays, hosted by Pauly Shore and everyone's in costume. It’s our one day out of the year to throw a fun festival that's not out of touch like the rest of these boring energy drink cell phone parties.

GBHM : Our music blog is also about discovering and bringing new acts into the light, so can you recommend me any good new bands you’re currently listening to ?

BN : Sure. White fence, The Garden, Temples, Babe Rainbow, The T-Tops, Neo Globs.  


GBHM : You’ll be playing in Paris again on November 22nd, after a sold-out show last June. How has been this new tour so far? Have there been any highlights ? 

BN : Highlight is playing new material and the fans liking it. Oh yeah and DMTina the drag queen. I made a drag show with our friend Mars. Weirding out the tour.

GBHM : What is the craziest venue you ever played at ? And the weirdest after-show party you attended ?

BN : We played in a cave in Laguna Beach during our early years for a weird punk cult. It was pretty much all guys and a lot of puking. Weirdest after party was a swinger party at the old Capitol records building. They kicked us out for poking holes in condoms.

GBHM : You travelled a lot over the past years for touring purpose and often brought your boards with you. So what’s your favourite surfing spot ?

BN : Snapper rocks was beeeeautiful.


GBHM : Since I’m kind of a French cliché (meaning that I am obsessed with food among others), I have to ask: what’s the best / the worst food you’ve been served on tour ? (Oh, and my ex flatmate would like to know if you’ve ever tested "rillettes" ?).

BN : Never had it but I'll try anything. Best food is in LA 'cause of the melting pot. Worst food is in Brighton England-mexican food.

Pour nos lecteurs non anglophones, voici la version en VF !


GBHM : Salut Brooks ! Merci de prendre le temps de répondre à mes questions pendant la tournée. Tout d’abord, comment va ta jambe ? La dernière fois que vous avez joué à Paris, tu portais un plâtre suite à un accident de stage diving – même si ça n’avait pas l’air de réellement t’ennuyer. 

BN : C’est guéri, tout va bien. Ça n’aurait pas pu arriver à un pire moment. Je ne vais pas refaire de stage diving de sitôt.

GBHM : Votre nouvel album "Chinese Fountain" est sorti en France le 29 septembre dernier. Quelle était sa genèse ? Et quelle est l’histoire derrière son titre ?

BN : On voulait juste faire un nouvel album. C’est aussi simple que ça. Pas de grande idée derrière. On a du mal à faire des projets. Le nom est venu plus tard. J’ai choisi "Chinese fountain" parce que je pensais que cela expliquait qui nous sommes en ce moment. Voyageant et vivotant et misant sur l’intégrité, au petit bonheur la chance.

GBHM : Après que ça n’ait pas réellement fonctionné avec Dan Auerbach, pourquoi avoir choisi J.P. Prunier pour produire le nouvel album ? 

BN : ça fait des années qu’il tente de nous avoir. On a fini par céder. 

GBHM : Votre groupe est connu pour faire de la musique très rapidement. Comment se sont déroulés l’écriture et l’enregistrement cette fois ?

BN : De la même manière. Deux semaines d’écriture, une semaine de répétitions et une semaine d’enregistrement. On devient meilleur à chaque fois, moins de stress, moins de chamailleries et plus de connections.

GBHM : Depuis le début, il y a eu comme une opposition entre votre son "ensoleillé" et vos paroles sombres. On dirait que vous êtes allés encore plus loin sur le nouvel album, par exemple avec le titre éponyme "Chinese Fountain", un morceau de disco avec des paroles désillusionnées. Quel était le but ? 

BN : De trouver un équilibre. Un juste milieu pour que ça sonne ni trop triste, ni trop gay.  

GBHM : Vous avez votre propre festival, le "Beach Goth Party", qui aura lieu pour la troisième fois le 25 octobre prochain à l’Observatory à Santa Ana avec un line up incroyable (vous, The Drums, DIIV, GZA, Foxygen, Chelsea Wolfe, etc.). Est-ce que vous pouvez m’en dire un peu plus sur ce projet ? 

BN : En une journée, c’est 40 groupes, 20 grandes œuvres d’art que nous et nos amis avons réalisées. Mais aussi des manèges et des jeux, un lazer tag, une île reggae faite de sable et de palmiers, de fausses vagues, les Tijuana Zonkeys et plein d’écrans diffusants des illusions d’optique psychédéliques, le tout organisé par Pauly Shore. Et tout le monde est déguisé. C’est notre journée dans l’année où nous organisons un festival fun qui n’est pas hors de propos comme toutes ces autres soirées chiantes estampillées boissons énergisantes / téléphones portables. 

GBHM : Notre blog a aussi pour ambition de découvrir et faire découvrir de nouveaux groupes. Vous pouvez me recommander ceux que vous écoutez en ce moment ? 

BN : Bien sûr. White Fence, The Garden, Temples, Babe Rainbow, T-Ttops, Neo Globs.  

GBHM : Vous rejouez à Paris me 22 novembre prochain après un concert complet à la Flèche d’or en juin dernier. Comment se déroule la tournée ? Quels ont été les grands moments ?

BN : Le grand moment, c’est de jouer les nouveaux titres et que les fans les apprécient. Ah ouais et DMTina la drag queen. Je fais un drag show avec notre pote Mars. Ça rend la tournée un peu plus bizarre.

GBHM : C’est quoi l’endroit le plus dingue dans lequel vous ayez joué ? Et l’after-show le plus bizarre où vous soyez allés ?

BN : On a joué dans une cave à Laguna Beach à nos débuts pour une secte punk chelou. En gros il n’y avait que des mecs et beaucoup de gerbe. L’after-party le plus bizarre a été une soirée échangiste dans l’ancien bâtiment de Capitol Records. Ils nous ont virés pour avoir percé des trous dans des capotes. 

GBHM : Vous avez beaucoup voyagé ces dernières années lors de vos tournées et avez souvent pris vos planches avec vous. C’est quoi votre spot de surf favori ? 

BN : Snapper Rocks c’était maaaagnifique [célèbre spot de surf australien NDLR].

GBHM : En bon cliché français que se respecte (pour le côté bouffe il s’entend) je suis obligée de demander: c’est quoi le meilleur / le pire plat qu’on vous ait servi sur une tournée ? (Oh, et mon ancienne coloc aimerait savoir si vous avez déjà gouté les rillettes ?).

BN : Jamais mangé mais je suis pour tout tester. La meilleure nourriture c’est à LA à cause du melting pot. La pire c’était à Brighton, de la bouffe anglo-mexicaine.

MAUD

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